
Le vent souffle à nouveau pour Cnoc An Tursa.
Neuf années ont passé depuis leur dernière oeuvre, mais Rene McDonald Hill (guitare/claviers/chant, ex-Saor et Fuath en live), Alan Buchan (guitare, Ruadh) et Bryan Hamilton (batterie, Ruadh, ex-Barshasketh, ex-Saor et Fuath en live) sont désormais prêts à nous révéler leur troisième album, A Cry for the Slain, toujours avec le soutien d’Apocalyptic Witchcraft Recordings.

Les mélodies aériennes de Na fir Ghorma (“Les hommes Ghorma” en mannois) emplissent doucement l’air, accueillant une voix angélique puis les premiers riffs assez épais quoique très calmes en comparaison avec ceux qui présentent Caoineag, nous emportant dans leur fureur à vive allure. Les hurlements de Rene ne tardent pas à suivre, offrant une touche viscérale à une rythmique changeante mais enivrante, et bien qu’elle semble parfois assez froide, elle ne manquera pas de nous captiver à chaque instant, même lorsque le break acoustique apparaît, laissant à nouveau la saturation faire rage. Dissonance et touches mélodieuses se répondent naturellement dans les passages les plus virulents comme dans les moments de flottement, puis c’est avec Cailleach and the Guardians of the Seven Sones que les tonalités épiques reviennent à une approche plus Old School du Black Metal, usant de patterns saccadés mais également de claviers bien plus majestueux pour contrebalancer l’assaut, comme une sorte de refuge lors de la charge guerrière. Les harmoniques sont toujours présentes de temps à autre, puis elles viendront adoucir la marche de Baobhan Sith et son allure d’abord modérée, puis finalement bien plus brusque et irrégulière, comptant sur un duo basse/batterie très efficace et hypnotique, mais également sur des choeurs oniriques. Le solo travaillé viendra nous sortir de notre rêverie, suivi par un break apaisant avant la reprise des hostilités qui mènera finalement à Am Fear Liath Mòr, titre bien plus joyeux lors de ses premiers instants, qui conserve cette touche guillerette même lorsque parties vocales féroces et patterns agressifs apparaissent, à l’inverse de Alba in My Heart qui s’ancre dans des racines Folk plus pesantes, mais aussi des claviers bien plus enivrants et imposants. Les refrains plus lents mais extrêmement fédérateurs seront du plus bel effet avant la longue partie finale instrumentale qui mène naturellement à la bien plus sombre et virulente Address to the Devil où l’on retrouve le côté malsain du Black Metal qui souligne les touches les plus martiales de la composition tout en lui permettant un magnifique passage bien plus apaisant, renforçant le retour de la saturation pour un final en apothéose, où le vocaliste scande ce “drag me under” si enivrant. L’album n’est cependant pas encore terminé, car The Nine Maidens of Dundee nous propose trois minutes de quiétude aux claviers qui s’allient pour nous laisser doucement sortir de cet univers fantastique, mettant cette fois-ci un terme à notre voyage.
Mené d’une main de maître par son trio, Cnoc An Tursa nous offre enfin une nouvelle étape de l’aventure écossaise débutée il y a vingt ans. Pour peu que vous soyez réceptifs, A Cry for the Slain va vous emporter dans une véritable épopée fantastique.
95/100
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