Review 3276 : Trelldom – …by the Word…

Trelldom continue sur sa nouvelle voie.

Ressorti de l’ombre il y a deux ans, le projet mené par Kristian Eivind “Gaahl” Espedal (chant, Gaahls Wyrd, ex-God Seed, ex-Gorgoroth…), aujourd’hui accompagné par Stian Kårstad (guitare/effets, Nidingr, ex-God Seed, ex-Gaahls Wyrd), Kenneth Kapstad (batterie, Goat the Head, ex-God Seed), Eirik Øien (basse) et Kjetil Møster (saxophone/clarinette/orgue) dévoile avec le soutien de Prophecy Productions son cinquième album, …by the Word….

Le groupe est aidé par Geir Sundstøl pour quelques parties instrumentales.

When This Was Young débute avec un son d’abord inquiétant, mais qui va rapidement accueillir les instruments pour donner vie à une touche de plus en plus dissonante et oppressante, jouant sur l’inconnu avant de laisser Gaahl poser sa voix claire, accompagnant une rythmique aux influences aériennes. Les sonorités étranges tissent un voile à la fois calme et menaçant, pouvant entrer en éruption à chaque instant, mais elles choisiront plutôt la voie de l’inattendu en rejoignant I Speak Forgotten Voices qui, bien qu’il assume ses racines Black Metal, choisit de rester dans ce calme désordonné et angoissant au possible. La batterie ne manquera pas de s’enflammer tout en laissant ses camarades faire leur oeuvre pour nous mener à This Moment the Life of a Memory et à son allure bien plus vive mais changeante qui finira par adopter des influences Doom pesantes et inquiétantes qui passent finalement assez vite à la magie de By the Word. Sans que l’on ne s’en rende vraiment compte, quelque chose semble prendre vie dans la musique, possédant la voix du fondateur qui hante désormais avec plus de présence les riffs de ses camarades, alors qu’ils deviennent bien plus imposants sur Folding the Mind, nouvelle composition marquée par des accélérations et décélérations inattendues, toujours troublées par les instruments les plus dissonants possibles. On passe ensuite à la glaciale The Word – Choose to Vanish qui nous offre de superbes parties instrumentales contemplatives avant que le vocaliste n’intervienne, comme un fantôme qui apparaît lorsqu’on s’y attend le moins, mais qui sait également céder sa place aux patterns travaillés. Nous gagnons déjà In There Outside, dernier morceau qui – comme ses prédécesseurs – va proposer des touches fantastiques pour compléter la base déjà pesante et faire vivre ses ombres les plus angoissantes pour clore l’album avec une atmosphère bien plus pesante que celle dans laquelle il a débuté.

Dire que Trelldom est un projet singulier relèverait de l’euphémisme le plus injuste tant la musique du groupe est obsédante et angoissante. Si vous aimez les tonalités avant gardistes et dissonantes, …by the Word… sera votre favori de l’année.

75/100

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