
La première journée du Lions Metal Fest est présente dans les pattes, mais l’envie d’en découdre est plus forte !
Si les concerts d’hier étaient déjà incroyables, j’ai également de grandes attentes pour cette deuxième journée, qui commence avec les mêmes habitués déjà présents devant le Trait d’Union !
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Première découverte donc, Sledgehammer qui – comme son homologue d’hier – nous sert une entrée façon Crossover/Thrash remuant qui fera le bonheur de l’assemblée, mais qui sera ponctué de problèmes techniques… Le boîtier du système in-ear de la chanteuse ne tient pas, la sangle d’un des guitariste décède tout simplement en plein titre… mais les cinq lyonnais ne se laissent pas démonter et jouent comme si leur vie en dépendait, entre le guitariste survolté qui n’a pas cessé d’headbanguer plus de trente secondes et Alice (chant) qui sautille en permanence ou danse toute seule sur scène, nous remerciant de nous “être levés aussi tôt”, le show est assuré, et la foule est réceptive.
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On enchaîne avec P.O.R.C., ou Putrefaction of Rotting Corpses pour les plus pointilleux, groupe parisien que je n’avais encore jamais vu malgré leur présence sur la scène d’où je viens, et qui va mettre le feu à la salle avec un Brutal Death/Grind des plus efficaces. Titres simples, son groovy et accrocheur sous les rugissements de Baf (guitare/chant), tous les éléments sont présents pour faire du moment une vraie boucherie, et on remarque que certains spectateurs sont déjà très motivés à 13h ! Malheureusement, on notera que l’affluence est timide pour ce début de journée, si bien que le vocaliste ponctue son enchaînement de brutalité de petites touches d’humour comme “éclatez vous, mais rapprochez vous un peu, on ne fait pas peur”. Une demie heure de jeu net et sans bavure !
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Il est à peine 14h lorsque Deperir arrive sur scène, et l’atmosphère change du tout au tout, car le groupe propose un Black Metal glacial et Old School. Bob Girard (chant) ne se prive pas pour jouer avec les photographes tout en restant d’un professionnalisme à toute épreuve, et les titres fendent l’air tels des blocs de marbre aussi malsains que dissonants, offrant au public un show intense. Mais en bons québécois qu’ils sont, les musiciens ne se priveront pas du plaisir de nous faire scander “tabarnak” entre deux titres avant de repartir de plus belle dans leurs riffs froids aux influences très brutes qui feront mouche en un rien de temps. Je découvre le groupe, mais je suis certain de revenir sur leur discographie dans les prochains jours !
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Bref passage en extérieur sur le stand Savarez où deux guitaristes et un bassiste proposent quelques reprises accompagnés d’une bande-son. Leur jeu est propre, mais heureusement qu’une tonnelle leur a été attribuée pour les protéger du soleil, car la chaleur est encore plus écrasante que la veille… On notera que le trio nous proposera cette animation par deux fois dans la journée.
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Nouvelle couche de noirceur plus locale avec Malepeste, groupe qui affichent une attitude plus imposante rien qu’à leurs tenues, et qui confirmeront rapidement cette impression avec un show théâtral, que ce soit du côté de Larsen, vocaliste aux hurlements intenses et au jeu de scène très ritualistique, mais aussi des autres musiciens qui n’hésitent pas à se lâcher tout en restant coordonnés. Là encore, c’est un bleu pesant qui les éclaire, allant de paire avec leurs sonorités oppressantes, et bien que le show soit par moments très planant, on se laisse facilement avoir par les accélérations furieuses et saisissantes avant que le groupe ne soit rejoint par le vocaliste du groupe suivant, Hrothgar, qui ajoute son growl caverneux au Black Metal lancinant, lui conférant une touche plus agressive, presque même un peu Doom/Death sur quelques morceaux.
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Place donc à Hrothgar et à son univers inspiré des vikings, que ce soit dans leur son qui ressemble à s’y méprendre à celui de groupes comme Amon Amarth, ou aux boucliers disposés sur les côtés de la scène, ainsi que par la tenue des membres. Quentin Peyrouse (chant) est lui aussi un meneur naturel, haranguant une foule très réactive qui n’hésitera pas à headbanguer, brandir le poing ou même par exemple ramer après que le vocaliste n’ait présenté le morceau avec un solennel “il est temps pour nous de reprendre la mer”, alors qu’il est allé chercher son long manteau en peau de bête. Les titres sont travaillés, la recette est efficace, et tout le monde passe un excellent moment, preuve que le groupe sait s’y prendre pour fédérer une fosse, et qu’elle en redemande !
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L’atmosphère devient soudainement plus solennelle avec l’installation d’Himinbjorg, qui démarre au quart de tour sous des lumières inexistantes, puis chaotiques, puis finalement à peu près stable, nous laissant enfin entrevoir les musiciens en pleine séance de headbang pour compléter leur son glacial aux influences Pagan/Viking Metal. Au centre, Zahaah (chant/guitare) alterne entre grognements féroces et chant clair plus planant, parfois même accompagné par ses deux camarades bassiste et guitariste, et le public, massé devant la scène, se laisse prendre au jeu, remuant allègrement le crâne lors des parties les plus agressives. Le groupe reste très calme entre les titres, qui s’enchaînent naturellement, mais leur temps de jeu file à bonne allure tant le son est aérien, et c’est sous des acclamations méritées que le groupe rendra finalement les armes.
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J’ai déjà vu des concerts violents, d’autres sincèrement explosifs, mais au final, je crois que je n’étais tout bonnement pas prêt pour Cutterred Flesh, connaissant tout de même les tchèques sur album… Le groupe attaque un peu plus tôt que prévu, mais dès les premières secondes, ils vont nous proposer une virulence et une agressivité palpables qui va souffler l’assemblée, et la faire mosher pendant que leurs riffs abrasifs nous roulent dessus en bonne et due forme ! Quelques jets de fumée accompagnent certains moments, et Jirka Krs (chant) profitera des précieuses secondes entre leurs compositions aussi puissantes que complexes sur certaines parties pour nous présenter les morceaux avant de repartir dans son rôle de hurleur fou, haranguant une foule très réceptive à leur musique. A en entendre les échos, beaucoup ne connaissaient pas, mais ce concert était assurément un show punitif au possible, quelle claque !
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On repart dans du “connu” avec l’arrivée de Seth pour un Black Metal presque cérémoniel qui, comme son homologue polonais de la veille, ne mettra absolument pas en valeur ni la tenue de Saint Vincent (chant), ni les maquillages de scène des membres… Mais fort heureusement pour eux, le show est mystique à souhaits, et le son est excellent pour les six silhouettes bordelaises, et l’énergie communicative des musiciens suffit à motiver la foule, remerciée entre deux titres par un macabre “Lyon, merci d’être venus pour cette cérémonie de Metal Noir”. Quelques accessoires sont déjà disposés sur scène, comme les têtes coupées ou l’autel et son calice derrière lequel le vocaliste n’hésitera pas à se rendre, mais il nous offrira également la vision de l’ombre d’un athamé, ou invitant une performeuse en blanc qui se déplacera sur scène l’espace d’un titre. J’aurais cependant aimé pouvoir profiter un peu plus de l’aspect visuel, mais qu’importe, le show était très bien mené.
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Le show suivant était également l’un de ceux que j’attendais le plus, les suédois de Darkane qui sont malheureusement trop rares dans nos contrées (leur dernière venue à Lyon date de 2017 et il faut remonter encore trois années en arrière pour l’avant-dernière), mais qui ne vont pas se faire prier pour proposer un show à la hauteur de l’attente ! Si Tobiasz « Tobbo » Derengowski (chant) est ultra-mobile, n’hésitant pas à haranguer un public tristement moins nombreux mais pas moins énergique, les autres musiciens sont eux aussi survoltés, n’hésitant pas à poser sur les retours, grimacer ou headbanguer en permanence. Le vocaliste est toujours prêt à nous proposer de les rejoindre dans leur hargne, ou même “Anyone here can please help me to translate the name of the song?”, une demande originale qui rencontrera un franc succès, et qui mènera à la suite du show. Les musiciens prennent à peine quelques secondes de répit, et enchaînent avec la même énergie pendant l’intégralité du show !
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La nuit est tombée, le dernier concert de la journée s’apprête à démarrer, et c’est donc avec les moins rares mais tout aussi intenses irlandais de Primordial que le festival va se refermer, et bien qu’A.A. Nemtheanga (chant) semble avoir quelques soucis de micro (le câble s’en décrochera à deux reprises avant que l’équipe technique ne se décide à le remplacer), le son est toujours aussi prenant. Si côté jeu de scène, le set est en tous points similaire au dernier que j’ai pu voir, il y a moins d’un an, l’instrumentale est parfaite, et le frontman mène le show à la baguette, n’hésitant pas à hurler, poser, arpenter la scène, grimacer ou jouer avec son noeud coulant ou son pied de micro. Entre deux titres, ce dernier s’interrogera également sur la forme de sa carafe de vin, mais ne manquera pas de présenter les longs titres qui garnissent sa setlist, comme To Hell or the Hangman qu’il nous fera scander avant de la laisser débuter, repartant dans sa transe musicale qui fait partie intégrante de l’âme du groupe et qui me permet de l’affirmer à nouveau comme à chaque fin des concerts de Primordial : c’est une valeur sûre, et chaque show est toujours aussi impressionnant.
Le Lions Metal Fest 2026, c’est déjà terminé. Aujourd’hui encore, les dix formations se sont toutes décarcassées pour nous proposer un show professionnel au possible, et si vous aurez tous compris que mes préférences vont à Cutterred Flesh, Deperir, Primordial et Putrefaction of Rotting Corpses, chaque groupe a mérité ses applaudissements.
Deux jours, c’est à la fois très long et si court, et on ne peut que saluer le travail de Mick Cesare et son équipe de bénévoles qui nous ont cette année encore régalés à tous points de vue ! Je rentre dans mes lointaines contrées, et je met met immédiatement au travail sur les galeries photos, promis…
































