Review 3281 : Saasta – Cesspool

Nouvelle engeance pour Saasta.

Près de trois années se sont écoulées depuis leur dernier EP, mais Leevi Kärsämä (chant, Soulwound), Topias Jokipii (guitare, Chestcrush, Frigore, Helveteskval), Janne Hietanen (basse, Of Spite, Solamnia) et Jimi Lahtinen (batterie) reviennent pour leur deuxième album, Cesspool, toujours soutenus par Inverse Records.

Le groupe attaque avec The Leeches, une première composition entraînante mais assez pesante infusée au Black/Death mais aussi au Doom qui présente tour à tour agressivité et lourdeur, mais aussi des vociférations intéressantes qui suivent l’allure de la rythmique. On notera que le morceau est très rythmé, mais aussi qu’il passe facilement la main à The Caricature, titre suivant où l’on retrouve l’approche oppressante mais couplée à des touches entêtantes, tout comme sur The Coffin qui sonne presque joyeux dans sa mélancolie et sa violence. Le titre est un peu plus lent, mais conserve son groove naturel ponctué d’éruptions plus vives avant de s’engluer sur The Imposter qui lui emboîte naturellement le pas tout en tissant des tonalités malsaines et lancinantes, mais on remarquera tout de même ce contraste entre rythme saccadé et harmoniques planantes pour mieux enchaîner sur la sautillante The Plague, composition la plus longue de l’album. Là encore, le groupe cultive toujours cette dualité presque viscérale entre ses éléments, passant d’un growl sauvage à une lenteur entêtante mais explosive, puis c’est dans l’inquiétude qu’il nous emmure pour The March, titre suivant qui prend le temps de créer une introduction progressive pour mieux nous capturer dans ses filets. Les hurlements reviennent finalement hanter cette part de noirceur avant de revenir à des tons plus accessibles avec The Envy, sur laquelle je jurerai entendre des touches de Black’n’Roll sous les parties vocales et la saturation abrasive, mais également des touches plus occultes lors des harmoniques. Nouvel assaut avec The Maelstrom et ses parties plus dissonantes glissées entre deux vagues de violence, notamment une groovy à souhaits, puis on accélère le pas avec The Woe qui sonne un peu trop enjouée à mes oreilles pour son titre, mais qui ne manquera pas de corriger le tir avec une mélancolie palpable dans sa langueur. Le titre est assez court, tout comme The Ironclad qui prend la suite et nous dévoile une part sauvage de la musique du groupe tout en gardant ses moments de répit avant l’explosive mais courte The Entrencher qui emprunte parfois au Grindcore pour ses poussées de violence, tout comme The Retribution qui s’oriente plus vers un Sludge en éruption pour son côté imprévisible qui passe d’une atmosphère à l’autre sans prévenir en moins de trois minutes, et qui referme l’album.

Saasta n’a pas changé de style, oscillant toujours dans un mélange explosif de Black, Death et Doom aux influences belliqueuses sur Cesspool, nouvel album dont la violence n’a d’égal que le son crasseux et imprévisible.

80/100

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