Live Report : Demande à la Poussière + Blod + Plèvre – Le Klub

A peine rentré du plus gros festival de Metal français que les copains de Demande à la Poussière organisent une date.

Même si je pense sincèrement qu’ils souhaitent m’épuiser, je n’ai pas pu refuser d’être partenaire de ce show au Klub en compagnie de Blóð que j’avais déjà vu au même endroit quasiment un an auparavant, ainsi que Plèvre, que je vais découvrir ce soir.

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Le coup d’envoi est donc donné par Plèvre, groupe dont le nouvel album vient d’être annoncé chez Frozen Records, et qui commence calmement avec une instrumentale sombre, mais qui est rapidement rejoint par leur chanteuse, faisant changer l’atmosphère. Au-delà des riffs Post/Post-Black, le quartet va rapidement apporter une dimension viscérale intéressante, servie par une énergie assez brute mais également un mix hasardeux au niveau de la guitare. Les musiciens savent ce qu’il font, et même si le son ne suit pas toujours, ils vont nous le prouver sur leur temps de jeu avec de longs morceaux, parfois un peu plus complexes avec notamment tapping et solos, témoins d’une mélancolie abrasive et pesante qui se répand facilement et qui nous fait plonger dans leur univers. Pas de fioritures pour eux, à peine quelques mots entre deux titres, mais on sait que leur noirceur a touché ce soir, et les quelques nuques qui se délient en sont tout aussi témoins que les applaudissements qu’ils reçoivent. 

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Passons maintenant à Blóð, groupe dont le jeu de scène est plus intimiste, plus pesant et surtout très enfumé. Si le son gratte lui aussi les oreilles du fait de sa saturation travaillée, le chant d’Ana parvient à ramener une touche de douceur, parfois même aux antipodes des riffs de ses camarades qui n’hésitent pas à user de distorsion et de dissonance pour se faire entendre. Mais au final, même si personne ne peut distinguer autre chose que leurs silhouettes dans ce brouillard, nous profitons tous de cette graisse auditive et de ces murmures, qui deviennent parfois hurlements, et qui remplissent la pièce entre deux parties de stroboscope. Là non plus les musiciens ne sont pas très bavards mais nous restons tous scotchés devant la performance oppressante où le chandelier permet de nous raccrocher au réel, et qui nous fait dire “est-ce ça, le purgatoire ?”. Je ne le pense pas, mais le groupe aura assombri l’atmosphère pour de bon, même si on pourra noter une fois encore quelques irrégularités au niveau du mix. 

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Nous y voici le dernier show de Demande à la Poussière (jusqu’au prochain), et qui semble bien décidé à marquer les esprits ce soir dans un Klub pas plein, mais bien rempli tout de même, et qui va nous proposer un florilège de gras, de noirceur et… là aussi de mix un peu brouillon au début. Mais au fur et à mesure du show, les hurlements de Kali, parfois même sans micro, vont nous prendre aux tripes, et nous faire oublier que la basse est trop forte, nous transportant dans ce mélange de violence, de haine, de noirceur et de tension permanente, nous laissant pantois devant les membres qui headbanguent en frôlant le sol, jouant comme si leur vie en dépendait et donnant corps à leur musique. Je n’en suis évidemment pas à mon premier show du groupe, ni même de cette formation, mais chacune de leurs performance à une saveur spéciale, surtout lorsque la vocaliste a lâché “la prochaine c’est une histoire d’amour… qui finit mal”, et que nous nous sommes à nouveau noyés dans leur violence épaisse. Elle finira évidemment le show dans la fosse, activant l’alarme, ou hurlant au visage des plus proches et c’est aussi ça que l’on aime chez Demande à la Poussière, cette authenticité brute, crue et viscérale, qui nous a permis de passer un moment hors du temps jusqu’au final, brouillon à souhaits mais maîtrisé. 

Pour Demande à la Poussière, ce concert était un peu leur pissenlit (“le dernier de la saison”), et l’occasion de le graver dans le marbre avant de passer à leur prochain album. Merci à eux pour la claque de noirceur grasse, à Blóð pour le mysticisme sombre et à Plèvre pour leur noirceur entêtante. Pour ma part, il est temps de m’isoler à nouveau… jusqu’à la prochaine fois ! 

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