Review 257 : Sunnudagr – Le Silence

La France est à l’honneur avec la sortie du premier album de Sunnudagr.

Créé en 2013 en tant que one-man band par Maelstrom (chant/instruments, Solventis, ex-Opprobre) avec l’aide de Clément R (batterie/composition, Antropofago, Mysticisme, Opprobre), un EP sort la même année, suivi d’un deuxième en 2015. C’est en 2018 avec l’arrivée d’ Antoine R (guitare), que le projet évolue en groupe, et 2020 marque la sortie de Le Silence, leur premier album.

Profondément marqué par le Black Metal scandinave, c’est tout naturellement vers ce style que le groupe se dirige. Et bien qu’utilisant le français, on retrouve les mélodies sombres et glaciales de ce style si prenant. Entre un mix Old School, des hurlements d’outre tombe effrayants et des riffs solides, il est impossible de ne pas accrocher à cette déferlante de noirceur. Si l’introduction nous ouvre progressivement les portes de l’univers de Sunnudagr grâce à quelques sonorités planantes, Venin Noir vient rapidement nous agresser. Entre la rythmique imposante et les leads perçants, le chant déverse lentement son poison, tout comme sur la virulente Les Braises, un titre à la fois plus facile d’accès grâce à des influences plus douces, mais aussi dérangeant avec cette dissonance oppressante. Bien que son introduction soit douce, Le Dernier Bastion est un titre vindicatif et intransigeant, qui ne ralentit que pour devenir malsain, à l’image de L’Ascension du Malin. Rapidité, son brut et harmoniques lacérantes sont au programme, puis on retrouve le poète français Charles Baudelaire pour le titre Une Charogne. Car en effet, les paroles de ce morceau à la fois morbide et tranchant sont inspirées du poème du même nom. Et la rythmique s’offre un passage atmosphérique qui, renforcé par un Black Metal prenant, nous précipite vers la fin du titre et vers Le Silence…, un titre mélancolique. Car s’il est évident que la noirceur est omniprésente, les riffs semblent plus emplis de peine que les précédents, tout comme sur …Et les Larmes, le morceau suivant. Les influences s’entremêlent pour nous enfermer dans cette atmosphère de langueur, avant de déchaîner Ta Lumière, le dernier morceau. A nouveau les riffs sont aériens, et bien que le Black Metal domine la composition, on sent que les leads piochent dans bien plus qu’un seul style.

La noirceur qui enveloppe Sunnudagr a évolué, et Le Silence en est témoin. A un Black Metal Old School, les français n’hésitent pas à ajouter des influences Post et Atmosphériques, marquant un tournant pour le groupe. Bien qu’un peu court, l’album est prenant et apaisant.

85/100

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