Interview : Countless Skies

Quelques semaines avant la sortie de Glow, leur deuxième album, James Pratt, guitariste de Countless Skies, a répondu à quelques questions.

Chronique de Glow

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Tout d’abord, merci beaucoup de prendre du temps pour mes questions. Pourrais-tu te présenter ainsi que le groupe pour quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler de Countless Skies ?
James Pratt (guitare/choeurs) : Salut ! Je suis James, et je joue de la guitare dans le groupe. Nous sommes un quatuor, donc on a Ross, qui joue aussi de la guitare et qui fait le chant Death, Phil, qui joue de la basse et fait également le chant clair, et Nathan à la batterie. Notre son progresse constamment, mais actuellement je dirais qu’on a environ 50% de Death Mélodique nordique (nous apprenons énormément du son finlandais), et un bon mélange de pas mal d’autres styles. Tu peux entendre pas mal d’influences Prog Rock à présent, et un peu d’Atmosphérique et de Post-Black entre autres. J’attends de voir comment les gens vont décrire notre nouvel album.

Glow, votre deuxième album, va bientôt sortir, comment vous vous sentez ?
James : On est très excités – on a pris plus longtemps pour cet album que pour quoi que ce soit d’autre qu’on ait fait. Avec les sorties précédentes, on a dû faire des compromis quand l’enregistrement débutait. Du temps, de l’argent, des emplois du temps, tout avait un impact sur comment ça impacterait la vision que l’on avait de l’album à la base. Avec cet album, un concours de circonstances nous a poussé à bâtir un studio à la maison et faire plus de travail par nous-mêmes. Ca s’est transformé en bénédiction, comme nous n’avions pas de restrictions de temps ça nous a permis d’être parfaits sur tout, et cette liberté d’essayer différentes idées. Heureusement, notre label, Willowtip, nous a beaucoup soutenu et nous a donné une liberté totale en terme de temps nécessaire pour créer Glow.

Quelle est l’histoire derrière cet album ? Comment s’est passé le processus de composition ? Est-ce que c’était différent de New Dawn?
James : La plupart du temps, je prenais un riff ou deux que Ross avait écrit dans un gros dossier d’idées, et j’écrivais un morceau à partir de ça. C’est comme ça que Moon et Glow (le morceau éponyme) ont été écrits. Nous travaillons également les titres individuellement, et la plupart du temps un titre n’est pas fini avant qu’on se réunisse pour finaliser les idées. Ross et moi nous partageons l’écriture des paroles de manière presque uniforme, donc je pense qu’on a écrit environ deux titres et demi chacun sur cet album. Cela dit, sans les restrictions temporelles dans la boucle, tout le monde a pu retravailler ses idées et contribuer un peu plus. Grâce à ça, Glow sonne encore mieux que je pouvais l’imaginer avant que l’enregistrement ne commence.

Les trois derniers titres de Glow sont trois titres liés, comment vous est venue l’idée de créer un morceau en trois parties ?
James : Glow a été écrit en tant qu’un seul long titre, à la base il était divisé en cinq mouvements, puis a finalement été sorti en trois parties. C’est un vrai rêve devenu réalité que de sortir un album en vinyle où un des côtés est un seul titre. Quelques uns de mes titres favoris sont aux alentours des vingt minutes – Supper’s Ready par Genesis et A Change of Seasons par Dream Theater par exemple.

Une de vos influences majeures est évidemment le groupe australien Be’lakor, mais qu’est ce qui t’inspires pour écrire de la musique et/ou des paroles ? Ca peut être musical ou autre chose, comme des films, des livres…
James : Absolument, ils ont une grosse influence sur nous, et nous sommes constamment inspirés par d’autres groupes. Personnellement, quand on en vient à écrire des paroles, je suis beaucoup influencé par les livres que je lis. Je suis un lecteur assez lent, donc je ne peux pas dire que je lis beaucoup, mais les lignes de F. Scott Fitzgerald sont comprises en tant que citations presques directes parfois. Je ne parlerai pas pour Ross, mais je sais qu’il aime construire ses titres à partir de mots-clés et idées Ses paroles qui sont les paroles définitives de notre titre Zephyr font partie de nos meilleures, selon moi. Je ne suis pas certain qu’il soit sorti quand cette interview sera publiée, mais si il l’est, allez l’écouter. Sinon, attendez un peu plus vite !

Il y a un énorme contraste entre le chant hurlé et le chant clair dans chacun de vos titres. Comment décidez-vous de quelle partie sera hurlée et de quelle autre sera claire ?
James : C’est vraiment quelque chose qui nous semble naturel. Avec Glow, il y a beaucoup plus de chant clair qu’avant, en fait dans chaque titre il y a les chansonnettes épiques de Phil. Je pense que ça dépend aussi des mélodies et de la complexité de la musique. Nous ne voulons pas complexifier une partie en utilisant trop de mélodies qui se chevauchent. Nous n’utilisons également pas de chant de manière inutile. Avec ces structures plus inhabituelles, nous sentions que nous ne devions pas nous conformer à des schémas vocaux normaux.

Vous avez demandé à un pianiste et une violoniste de jouer sur cet album, comment êtes vous entrés en contact avec eux ? Pourquoi avoir choisi de vrais instruments à la place de samples ?
James : Nous connaissons Marcelle et Arianna depuis des années. Marcello jouait dans notre groupe précédent, Hatespire. Quand nous en sommes arrivés à ajouter des parties au piano, c’était excitant d’aller vers lui. Nous avons joué dans la même affiche qu’Arianna quelques fois récemment, au Bloodstock 2019 quand elle était avec Resin, puis au Warhorn avec Stonebearer. Nous avons simplement pensé que ces instruments apporteraient le bénéfice de la performance humaine, et chacun d’eux ont parfaitement réussi leur performances. Il y a une section dans Glow où seulement eux deux jouent, et plutôt que d’utiliser des samples robotisés, ils ont apporté tellement d’émotion dans le titre.

L’histoire du groupe a débuté en 2009, comment avez vous décidé de créer un groupe ensemble ? Est-ce que c’était facile de jouer ensemble au début ? Est-ce que vous sentez une évolution à présent ?
James : C’est une longue histoire ! Ross et moi sommes amis depuis des années et des années – on a commencé à jouer ensemble quand on avait environ 14 ans après que Ross ait commencé à prendre des cours de guitare et qu’il m’ait demandé si je voulais jouer de la batterie. Puis en 2009 quand nous étions tous les deux à la fac, et j’ai passé un bon moment des vacances d’été avec Ross, c’est comme ça qu’on a écrit l’EP d’Hatespire. On a emmené les démos à Phil, que l’on connaissait depuis des années à ce moment, et on a enregistré les titres et Phil, qui a enregistré la voix en tant qu’”invité” sur un titre – Scartraced. C’était vraiment très naturel, donc on a commencé à chercher un batteur, avec qui on est entrés en contact par MySpace (ce qui montre un peu notre âge !). On connaissait Marcello de l’école, il a pris les claviers, et on a joué quelques concerts. La vie se passait ainsi à ce moment, mais après quelques années ensemble, Countles Skies est devenu quelque chose.

Comment as tu découvert le Death Mélodique ? Quel titre t’a fait découvrir cet univers ?
James : C’est la faute de Ross ! Il m’a joué Man Made God d’In Flames, et à cause de cette instrumentale, je n’étais pas vraiment attiré par ce chant hurlé. Depuis lors c’était trop tard, on était accrochés. Puis est venu Dark Tranquillity – ces deux groupes ont été une grosse influence pour nous au début, et le sont toujours.

Je n’ai pas eu l’opportunité de voir Countless Skies sur scène, alors que peut on attendre de l’un de vos shows ? Est-ce que vous avez un rituel d’échauffement avant de monter sur scène ?
James : Je pense qu’il y a définitivement une énergie différente lorsque l’on joue sur scène que lorsqu’on enregistre. On aime vraiment ça, et je pense que ça se voit. Pour notre plus gros concert, l’an dernier sur la scène Sophie Lancaster du Bloodstock, on a reçu énormément d’aide de Paul Mercer de Luton Live/s. Il nous a fait des bannières et a apporté des machines à fumée, et ça a rendu ce concert très spécial. Maintenant nous ne pouvons plus jouer (merci le COVID), mais on prévoit des choses pour quand ce sera possible à nouveau.

Te souviens tu de la première fois où tu as pris un instrument ? Pourquoi celui-la ?
James : J’ai pris des leçons de batterie quand j’avais environ dix ans, mais je n’ai pas poursuivi. J’avais environ 14 ans quand j’ai recommencé sérieusement, et j’ai pris des cours pendant quelques années. Puis j’ai commencé à prendre la guitare classique de mon père  et j’ai joué des trucs comme Nirvana et Linkin Park. Je me souviens que j’apprenais Supper’s Ready de Genesis vers mes seize ans, mais je devais faire un peu de tapping et je n’entendais rien du tout ! Donc j’ai utilisé tout l’argent de mon anniversaire pour m’offrir un pack de guitare électrique.

Je sais que la crise du Covid a foutu en l’air pas mal de choses, mais comment avez-vous géré la situation en tant que groupe ? Et dans vos vies personnelles ?
James : On a été très chanceux – on avait terminé l’enregistrement quelques semaines avant le confinement en Angleterre, et presque tout par la suite s’est passé en ligne. Nous avions toujours des appels vidéo réguliers pour planifier la sortie de l’album. Personnellement, ça ne m’a pas vraiment affecté tant que ça jour après jour, j’ai continué de travailler, mais je n’ai pas pu voir ma famille autant que d’habitude, et les voyages internationaux étaient absolument hors de question pour un long moment, ce qui signifiait que je ne pouvais pas voir ma moitié. Maintenant, je pense que la plupart des choses sont possibles du moment que tu es sensibilisé à tout ça.

Avez-vous des plans concernant le futur que tu peux nous dévoiler ? Que ce soit en terme de lives, clips vidéo ou quelque chose d’autre peut-être ? J’ai vu que vous deviez tourner avec Finsterforst, Sojourner et Lucifer’s Child, est-ce que vous avez d’autres plans de tournée ?
James : C’est plutôt difficile de planifier en ce moment, mais on est toujours prêts pour cette tournée, alors on croise les doigts pour que ce soit replanifié pour l’an prochain. Le Metaldays 2020 a été repoussé en 2021, alors on devrait être “co-tête d’affiche” pour le New Metal Festival ce dimanche. On a hâte de jouer à nouveau, mais si ce n’est pas possible, alors on écrira plus de musique !

Est-ce que le Brexit vous a affecté en tant que groupe ?
James : Pas pour le moment, la période de transition jusqu’à la fin de l’année signifie que tout reste pareil (jusqu’à dans un an, quand on ne pourra plus tourner !). Les négociations se passent maintenant, je vois que c’est plus difficile et cher de tournée en Europe pour l’an prochain, mais qui sait à quel point ? Je peux promettre que d’une manière ou d’une autre on viendra jouer en Europe, vu que c’est là que se sont passés nos meilleurs concerts.

On a beaucoup parlé de musique, mais quels sont tes autres passions dans la vie ? Ca peut être lié à la musique ou non.
James : C’est un peu embarrassant, mais je n’ai pas vraiment d’autres passions en dehors de la musique. Je suis toujours en train de jouer d’un truc différent en fait. J’ai fait un album un album instrumental de guitare il y a quelques années (ça s’appelle State of Creation, si vous êtes assez fous pour aller voir – sans honte concernant l’enregistrement), mais je m’amuse principalement. En ce moment, je joue pas mal avec des boîtes à rythme, comme le Roland CR-78 (en émulation évidemment, sauf si quelqu’un veut m’en acheter un ?), mais ce n’est pas quelque chose qui se verra dans Countless Skies. Probablement…

Le nom de Countless Skies vient d’un titre de Be’lakor, mais pourquoi avoir choisi ce titre ?
James : C’est simple, c’était l’adresse email personnelle de Ross à l’époque. Un super titre d’un super groupe.

Si je te demandais de comparer la musique de Countless Skies avec un plat ? Lequel choisirais tu et pourquoi ?
James : Ok je ne suis pas la meilleure personne à qui parler de nourriture, vu que mon régime se constitue principalement de shakers (Jimmy Joy, si quelqu’un connaît) de et muesli. Peut-être qu’une bonne tentative serait de comparer nos morceaux aux chocolats Revels (ça existe en dehors de l’Angleterre ?). Ils sont faits de la même chose : du chocolat, mais chacun avec son propre goût. Certains ont du caramel au beurre à l’intérieur, d’autre des raisins, d’autres encore une sorte de crème à l’orange, etc… Pour compléter la métaphore, le titre Glow est ce qui arrive quand tu laisses un paquet dans une voiture pendant un jour de grosse chaleur, ils fondent tous ensemble en une grosse aventure chocolatée.

Quelle est ta meilleure et ta pire expérience en tant que musicien ?
James : La pire expérience est facile – quelques années auparavant on a joué un concert local, mais on a été au pub avant, et on avait pris quelques bières avant le concert. J’étais tellement mauvais que j’ai joué notre premier morceau de 10 secondes en avance par rapport à tout le monde ! Le meilleur est difficile à dire, il y a eu tellement de bons moments, comme tourner avec de super gars comme Whispered, ou gagner notre battle des groupes locaux (Metal 2 The Masses). Le meilleur à présent, je pense que c’est le moment où on est entrés au Bloodstock 2019. On a vu une petite foule qui se rassemblait pendant qu’on se préparait, puis on est allés derrière la scène et notre intro a démarré. Quand on est ressortis, il y avait tellement de monde ! Une des meilleures sensations !

Avec quels groupes voudrais tu tourner ? Je te laisse créer une tournée avec Countless Skies et trois autres groupes de ton choix !
James : Genesis, Pink Floyd, Opeth. Je ne suis pas certain à 100%, mais je pense qu’on devrait ouvrir.

C’était ma dernière question, un énorme merci pour m’avoir accordé de ton temps, les derniers mots pour vos fans français sont pour toi !
James : Merci, c’était un plaisir. Nous espérons vous voir bientôt, France. Merci !

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