Review 093 : Evergrey – The Inner Circle

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Il y a un moment, alors que je faisais mes premiers pas dans le Metal, j’ai découvert un groupe qui allait redéfinir ma conception de la violence, et seulement plus tard, m’expliquer comment transcrire des émotions dans une musique puissante. Ce groupe, c’est Evergrey.

Menés depuis 1995 par Tom Englund (chant/guitare), le groupe a connu quelques changements de line-up. Si Rikard Zander (claviers) est présent dans la formation depuis 2002 et Johan Niemann (basse) depuis 2010 deux membres sont revenus en 2014 : Henrik Danhage (guitare) est resté de 2000 à 2010 avant de revenir, alors que Jonas Ekdahl (batterie) n’était entré qu’en 2003 derrière les fûts avant de suivre son camarade. Si le groupe défend actuellement son dixième album sur les planches, je n’ai découvert leur son si puissant qu’avec The Inner Circle, sorti en 2004 avec l’aide de l’Orchestre Symphonique de Gothenburg et de Carina Englund au chant, comme sur tous les autres album du groupe . A cette époque, Michael Håkansson était bassiste pour le groupe. Laissez-vous entraîner par votre coeur.

Evergrey - The Inner Circle

L’album débute lentement avec A Touch Of Blessing, et ce premier extrait est également le titre qui m’a fait accrocher au groupe. Les claviers nous ouvrent lentement les portes de leur univers, alors que la voix de Tom Englund nous explique patiemment ce qui va se passer avant que les riffs ne nous propulsent en plein dedans. Le son est excellent, et la violence pure se mêle aux émotions alors que débute Ambassador après un court sampler. Une fois encore, ce sont des riffs assassins que les suédois nous envoient en pleine face. La voix avec echo est absolument sublime, et donne au titre un côté atmosphérique plutôt reposant qui contraste avec la puissance de la rythmique. Le dernier hurlement de Tom fait froid dans le dos.
En enchaînant avec In The Wake Of The Weary, le groupe renoue avec la dimension plaintive qui donne vie à leurs titres. La voix de Carina Englund se fait plus présente, renforçant l’aspect mélancolique avec l’aide des claviers. Le duo vocal final est sublime. Harmless Wishes restera sur ce côté plaintif et mélancolique, avec une rythmique qui ne perd absolument pas de puissance en ralentissant, alors que Wake Up Blind est une petite ballade quasi-acoustique qui nous permettra de nous remettre les cervicales en place.
La violence refera surface avec More Than Ever et sa double pédale ravageuse. La voix de Tom se renforce par moments pour nous faire intégrer de gré ou de force la sensation de malaise qui l’habite. Le son de The Essence Of Conviction est beaucoup plus progressif et les choeurs du refrain lui donnent une atmosphère particulière, tandis que les riffs de Where All Good Sleep alternent entre mélodie douce et lente puissance brute. Le groupe reviendra cependant à l’acoustique pour Faith Restored avec un sampler particulièrement prenant.
J’ai mis un moment à apprécier le dernier titre. When The Walls Go Down débute par quelques notes de piano et un sampler d’une tristesse sans nom. Après un passage symphonique, la voix deviendra misérable, jusqu’à ce que la batterie prenne le relais. La progression est alors clairement perceptible, et je me retrouve d’un coup à hocher la tête, attendant impatiemment que tout autour de moi n’explose. Et cette explosion est un soulagement qui clôturera l’album avec un merveilleux sursaut de violence.
Sur l’édition limitée, les versions acoustiques live de trois titres du précédent album, Recreation Day, sont présentes. I’m Sorry, qui est parfaitement adaptée, Recreation Day, qui malheureusement perd de son impact tout en étant cohérente avec la voix de Tom, et enfin Madness Caught Another Victim, qui deviendra presque dansante.

 

Au fil du temps, mes goûts ont évolué, mais j’ai toujours la même sensation en écoutant cet album. Evergrey est un groupe fantastique. Capable de mêler habilement une violence omniprésente et un réel ressenti humain, leurs compositions sont touchantes et très entraînantes à la fois. Leur passage au Hellfest 2017 m’a permis de confirmer cette impression que j’avais eu la première fois, les suédois maîtrisent leur univers et peuvent nous emmener loin, très loin.


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