Review 114 : Bell Witch – Mirror Reaper

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Les groupes qui s’axent vers les branches les plus extrêmes du Doom Metal parviennent parfois à des trésors au son planant, comme vient de créer le duo américain Bell Witch.

Fondé en 2010 à Seattle, Dylan Desmond (basse/guitare/chant) et Adrian Guerra (batterie/chant/claviers) sortent rapidement la première démo du groupe en 2011, puis un premier album l’année suivante qui révèle au monde leur potentiel créatif. Le deuxième album confirme leur place d’outsiders, mais Adrian se voit contraint de quitter le groupe. Dylan n’a d’autre choix que de le remplacer par Jesse Shreibman pour honorer les obligations du groupe, mais Adrian décède quelques mois plus tard. Le groupe renaît alors, et les deux hommes composent sans relâche, entre deux concerts, pour écrire Mirror Reaper, en hommage à Adrian Guerra et qui contient sa voix, avec également celle d’Erik Moggridge (Aerial Ruin, ex-Epidemic) le sublime artwork de Mariusz Lewandowski. Deux parties d’une seule et même composition, deux aspects différents, deux côtés du miroir.

Bell Witch - Mirror Reaper

première partie, As Above, débute par un son fantomatique et lointain. Les vibrations mystiques qui nous parviennent installent d’emblée une atmosphère calme et planante, mais qui sera troublée par un son saturé lent et mélancolique, puis par un growl caverneux. Des hurlements venus de l’au delà s’invitent à la procession, et la batterie ne fait qu’accentuer ce côté rituel que le duo donne à leur musique. Lorsque l’on ferme les yeux, il est possible d’imaginer et de sentir la présence d’un cortège funéraire qui s’avance lentement vers le miroir en dégageant une aura ténébreuse. La composition sera interrompue par des sons moins agressifs, mais gardera sa superbe et son aspect glacial et ritualistique, avant de redescendre encore d’un niveau avec un son clair qui n’inspire rien d’autre que la souffrance. Les hurlements reprennent, et avec eux les riffs lourds, mais toujours aussi lents, avant de revenir sur une rythmique soutenue par des claviers et une basse grésillante, avec des parties plus mélodiques avant de s’achever dans un murmure éthéré.
So Below, la deuxième et dernière partie, débute de la même façon. Un son clair qui donne froid dans le dos, mais dont l’atmosphère n’est pas vraiment la même. Si la mélancolie reste le maître mot, ces riffs semblent plus positifs. Le deuil continue avec un chant lointain qui résonne, et une douleur qui s’apaise. La batterie, pourtant en retrait, contribue à cet aspect lointain et brumeux grâce à des cymbales effacées qui pénètrent l’esprit de l’auditeur. Intitulé Words Of The Dead, cette partie est pour moi celle qui représente le mieux le vibrant hommage qu’ils souhaitent rendre à leur défunt ami, en se terminant par ce que le groupe sait faire de mieux : une rythmique pachydermique, des voix qui appellent la douleur et des ambiances qui renferment la folie.

Même si ce projet peut sembler insensé, Bell Witch a recréé un véritable univers à travers ces deux parties d’un seul et même titre. L’hommage n’est pas évident à saisir, et il est possible que certains soient réfractaires à réécouter l’album, qui s’enchaîne à la perfection, mais se perdre avec la musique du groupe est une transe, un voyage au plus profond de l’âme humaine qui passe par tous les sentiments. Mirror Reaper est une œuvre d’art au sens premier du terme, et tous ceux qui font partie du projet y ont mis leur cœur.


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