Review 560 : Autarkh – Form in Motion

Autarkh réalise un départ canon !

Créé en 2020 par Michel Nienhuis (chant/guitare, Our Oceans) après la dissolution de Dodecahedron, le projet prend peu à peu forme avec l’arrivée de David Luiten (chant/guitare), Tijnn Verbruggen (synthétiseur/boîte à rythme) et Joris Bonis (synthetiseurs/arrangements), donnant naissance à Form in Motion, son premier album.

Le premier contact avec ce “Metal Extrême Contemporain”, outre l’artwork complexe et futuriste de Manuel Tinnemans, se fait avec Primitive Constructs, une introduction inquiétante qui se rapproche peu à peu avant de lâcher Turbulence. On sent que malgré la violence brute que le groupe dégage, tout est millimétré, que ce soit les riffs, les hurlements sauvages ou ces frappes au son moderne. Les influences passent du Prog à l’Indus, du Death à l’AvantGarde, mais tout est mis au service de ce son violent, qui propose des passages très étranges qui piochent dans la musique électronique. Même constat pour Cyclic Terror, un morceau assez technique qui n’hésite pas à briser totalement le rythme pour nous exploser en pleine face, laissant le vocaliste étaler sa folie créatrice et sa démence ravageuse. Légère pause avec Impasse, un très court titre aux percussions entraînantes et à l’ambiance sombre avant d’écouter la lourde et groovy Introspectrum, un morceau prenant et effrayant. Les riffs sont entraînants, mais ils semblent être infusés par des tonalités glaciales, une noirceur viscérale et par cette rage difficile à contenir.
La longue Lost To Sight renoue avec une ambiance apocalyptique, des frappes martiales couvertes par des effets modernes et une rythmique qui peut exploser à tout instant pendant que le chanteur joue avec sa voix au large spectre. Le morceau reste tout de même plutôt tranquille, tout comme Metacognition, une composition instrumentale qui nous projette dans les limbes de notre esprit avant Clouded Aura. Le titre mélange cette viscéralité, cette rage, des sonorités lourdes, une rapidité infernale et des effets entêtants motivants. L’alternance entre tous ces éléments font de ce mélange hétérogène une substance instable mais fascinante, tout comme Alignement, un morceau glacial et aérien. Le groupe n’oublie évidemment pas les passages lourds et assommants, mais le résultat est plutôt entêtant jusqu’à ce final qui annonce Zeit ist nur eine Illusion, l’instrumentale finale. L’univers du groupe semble avoir explosé, et nous traversons les décombres pour sortir de l’album.

Autarkh est un projet complexe, qui n’hésite pas à brasser un large panel sonore pour arriver à ses fins. Form in Motion est un album glacial mais riche, entraînant mais étrange, qui nous fait nous préparer à l’inattendu.

85/100

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