Review 620 : Ungfell – Es Grauet

Les magiciens Ungfell sont de retour.

Créé en Suisse en 2014 par Menetekel (chant/guitare/basse/accordéon, Wyrgher, Ateiggär, Arkhaaik, Kvelgeyst) le musicien collabore avec un premier batteur jusqu’en 2017, puis Vâlant (batterie, Wyrgher, Ateiggär, Arkhaaik, Kvelgeyst) rejoint le groupe. Aujourd’hui, le duo sort Es Grauet, son troisième album.

Affilié au Helvetic Underground Committee, le groupe nous propose un Black Metal assez mélodique aux influences Folk motivantes, accompagné parfois par le violoncelle de Chimael. On commence avec Es grauet überm Dorf, une courte instrumentale qui place les bases de ce style assez rural si particulier, puis Tyfels Antlitz nous projette rapidement dans l’univers brut et intense du groupe. Les hurlements du vocaliste nous glacent le sang pendant que la rythmique aux multiples influences nous envoûte, entrecoupés de quelques samples pour lancer les éléments Pagan dans la rythmique. La partie finale nous conduit calmement à D Schwarzamslä, une transition mélancolique et ambiante, puis la danse reprend avec Mord im Tobel, un titre viscéral et pourtant assez entraînant où le groupe accueille Karapan Darvish (Dakhma, Lykhaeon). Le mélange de ce Black Metal tranchant et morbide teinté de ces influences joyeuses donne un résultat surprenant et très accrocheur.
Même constat pour la furieuse S Chnochelied, un morceau à la rythmique rapide et aux teintes chaotiques, qui renforcent ce sentiment d’oppression, notamment grâce aux chœurs en arrière-plan. Un break au son clair vient ralentir le morceau, puis la rythmique saturée refait surface, exploitant la folie des musiciens, qui s’apaisera à nouveau avec Stossgebätt, une nouvelle transition au son clair. La mélodie sera rejointe par quelques voix, accentuant cet esprit fédérateur, puis la noirceur apparaît à nouveau sur D Unheilspfaffä vom Heinzäbärg. La composition nous présente un mélange de tous les aspects de la musique du groupe, mêlant folie viscérale à des patterns enjoués, des chœurs apaisants, et une noirceur brute avant une accélération suite à un hurlement terrifiant. Le final nous lâche sur S Fälsebräche, une outro sombre accompagnée du yodel d’Anna

L’univers d’Ungfell n’a pas fini de nous étonner. Entre sonorités traditionnelles suisses, Black Metal aux mélodies tranchantes et hurlements viscéraux, Es Grauet est un album riche et contrasté, qui nous accroche immédiatement sans jamais nous lâcher.

90/100

English version?

One thought on “Review 620 : Ungfell – Es Grauet

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.