Review 629 : Seth – La morsure du Christ

Seth, groupe mythique du Black Metal français, revient avec un sixième album.

Créé en 1995, le groupe peut compter sur Alsvid (batterie, Ad Patres, ex-Enthroned) et Heimoth (basse, Sinsaenum, ex-Decrepit Spectre), deux des membres fondateurs, ainsi que sur Saint Vincent (chant, Blacklodge, Vorkreist, The Arrival of Satan), Drakhian (guitare, Griffar, ex-Loudblast), Pierre Le Pape (claviers, Embryonic Cells, Melted Space) et Esx Vnr (basse, Vorkreist, ex-Glorior Belli, ex-Merrimack) pour La morsure du Christ.

La Morsure du Christ, le titre éponyme, a été choisi pour ouvrir l’album. Entre mélodies sombres, rythmique infernale, hurlements malsains en français et riffs majestueux, le groupe développe une ambiance impie et viscérale, aussi tranchante que déchirante. La mélancolie prend le contrôle de Métal Noir, un titre qui joue énormément sur des leads envoûtants et dissonants, pendant que le vocaliste se montre plus théâtral. Les influences occultes se dévoilent peu à peu, comme pour invoquer Lucifer, figure importante du satanisme. Sacrifice de Sang continue dans cette voie, entre rituel impie, riffs malsains, ambiance majestueuse et vociférations accompagnées de chœurs brûlants de rage. Les éclats de voix du chanteur nous guident à travers ce manifeste à la gloire des forces obscures tout en faisant exploser la haine qui habite les musiciens.
Ex-Cathédrale tisse le lien direct avec la pochette designée par Leoncio Harmr (Ars Moriendi, Wardaemonic), inspirée de l’incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Les influences impies et les sonorités malsaines vivent dans les riffs du groupe et le discours flamboyant, qui donnent naissance à Hymne au Vampire (Acte III). Les amateurs du groupe ont immédiatement reconnu les deux premiers actes, présents sur le premier album de la formation, qui revient à la vie avec cette composition incisive et prenante. L’ambiance majestueuse apportée par ces claviers plaintifs contraste avec la haine des paroles, qui nous mène à un final au clavier, complété par une chorale. Le groupe continue avec Les Océans du Vide, un morceau qui emprunte au Post-Black et ses sonorités lancinantes, autant qu’au Black Metal Old School et ses riffs bruts. Les sons profonds se mêlent à des passages plus ritualistiques, puis Le Triomphe de Lucifer vient clore l’album. Le titre joue sur un contraste saisissant entre cette brutale rythmique dissonante et cette atmosphère oppressante, qui vient parfaitement s’ajouter à la composition, lui offrant une dimension grandiose. 

Seth n’a pas usurpé son statut de légende du Black Metal français. La morsure du Christ crée un contraste permanent entre son brut et tonalités majestueuses, hurlements malsains et rythmique grandiose, mais aussi entre influences impies et riffs entêtants. Une œuvre d’art.

95/100

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