Review 722 : Lord of the Lost – Judas

Lord of the Lost revient prêcher sa parole.

Créé en 2007 par Chris “The Lord” Harms (chant/guitare/violon), le line-up est complété au fil du temps par Class Grenayde (basse), Gared Dirge (synthétiseur/guitare/percussions), Pi “?” Stoffers (guitare) et Niklas Kahl (batterie). En 2021, le groupe annonce Judas, son septième album.

Pour cette sortie, le groupe n’a pas annoncé un album, mais un double album de vingt-quatre morceaux, accompagné dans son édition bonus de LOTL +, un second double-album de trente deux morceaux sur lequel on retrouve autant d’invités, parmis lesquels des membres d’Aesthetic Perfection, Chemical Sweet Kid, Equilibrium, Hocico, The Sisters Of Mercy, Nachtblut, Turmion Kätilöt ou encore Fear of Domination. Concentrons-nous sur les deux albums de Judas, Damnation et Salvation.

Damnation, la première partie, nous propose des titres dans la plus pure tradition du groupe, basés sur un Metal Gothique avec cette touche vocale particulière. Le contraste entre douceur, noirceur, orchestrations et violence est impressionnant, créant une sorte de cocon majestueux dans lequel le groupe se plaît à évoluer. Si le chant du vocaliste prend le dessus sur quelques parties, on sent une réelle progression dans l’album, qui commence avec Priest et For They Know Not What They Do, deux morceaux que le groupe a dévoilé avec des clips vidéo. On retrouve cette ambiance pesante et pourtant entêtante, qui se développe avec la mystique Born with a Broken Heart, ou encore The 13th, mais aussi une oppression certaine sur 2000 Years a Pyre. L’album s’assombrit de plus en plus avec la mélancolique Death Is Just a Kiss Away et sa chorale, mais il atteint un paroxysme avec Be Still and Know, un titre instrumental et The Death of All Colours, le dernier morceau qui présente un son saisissant.

Salvation, la deuxième partie, nous offre des sonorités plus modernes et énergiques, tout en restant ancrés dans cette noirceur Gothique. The Gospel of Judas nous écrasera avec sa rythmique au groove entrainante suivie de riffs lourds, Viva Vendetta nous fera danser sur cette entêtante mélancolie puis The Heartbeat of the Devil nous replonge dans cette énergie Old School aux accents Industrial. Le groupe continue d’explorer ses influences motivantes avec And It Was Night puis My Constellation renoue également avec la grandeur des claviers couplée à un chant entêtant, puis le mélange des styles frappe à nouveau avec The Ashes of Flowers, un titre aux explosions énergiques. Iskarioth lie l’énergie malsaine et avec ces influences sombres, puis le groupe renoue avec son mélange inspirant sur A War Within, un titre au contraste évident entre lourdeur et douceur. A World Where We Belong nous propose des sonorités plus accessibles, alors qu’Apokatastasis nous offre un interlude instrumental avant Work of Salvation, le dernier morceau, qui reste dans cette ambiance majestueuse.

Lord of the Lost expérimente, Lord of the Lost crée et Lord of the Lost agrandit son univers. Les vingt-quatre morceaux de Judas nous proposent une plongée dans ce monde si particulier, avec pour guide une voix profonde et intense qui nous promène à travers lourdeur, mélancolie et noirceur.

90/100

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