Review 731 : Mannveira – Vitahringur

Il a fallu dix ans à Mannveira pour annoncer son premier album.

Après un EP et un split en compagnie des canadiens d’Ellorsith, Illugi (chant), Jón (batterie, Naught, Andavald), Örlygur (guitare, 0, Naðra, Örmagna), Sindri (guitare, Naught) et Óskar Þór (basse, Abominor) nous proposent Vitahringur.

Aidés par Þórður Indriði Björnsson (Endalok, Hræ, Naught…) pour l’artwork, les cinq musiciens viennent nous offrir une longue demie-heure de leur univers macabre, glacial et dissonant. On débute avec Ópin rjúfa þögnina, une composition courte et abrasive qui place des hurlements bruts sur une rythmique aussi dérangeante qu’agressive, puis Í köldum faðmi nous propose des éléments plus aériens et oppressants, piochant même dans les sonorités tribales pour appuyer sa noirceur. Le morceau est plus long, et il permet au groupe de créer une progression et un contraste entre pure brutalité, éléments lancinants et mélancolie douloureuse, tout comme sur Vítahringur, un titre hypnotique. La lenteur laisse place à une vivacité malsaine, qui propose une énergie impie et une vigueur cadavérique avant un final plus lent, puis Framtíðin myrt vient nous envelopper dans ce voile de dissonance, proposant également un groove étrangement accrocheur tout en restant mystérieux. Le titre est très obscur, mais il laisse quelques parties aériennes passer avant l’entêtante et oppressante Kverkatak eilífra martraða. Cette dernière composition accroît toutes les influences malsaines que le groupe nous a proposées et mélangées jusqu’ici pour créer un paroxysme de noirceur avant de nous laisser sur un final fantomatique.

Mannveira fête dignement ses dix années d’existence avec un album oppressant. Vitahringur est ironiquement aussi sombre qu’entêtant, aussi profond qu’agressif et aussi saisissant que noir. Ne le manquez pas.

85/100

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