Review 732 : Portal – Avow & Hagbulbia

Portal revient.

Depuis 1994 en Australie, Horror Illogium (guitare, anciennement programmation de batterie, Vomitor) et The Curator (chant) développent un style de Death Metal expérimental. Aphotic Mote (guitare), Ignis Fatuus (batterie, Grave Upheaval, Impetuous Ritual) et Omenous Fugue (basse, Impetuous Ritual) ont rejoint le duo, qui sort en 2021 Avow et Hagbulbia, deux albums complémentaires.

Commençons avec Avow. Un concentré de ce qui se fait de plus oppressant, dissonant, étrange, étouffant et agressif. Il est impossible de ne pas ressentir une sensation de malaise lorsque la longue Catafalque frappera. Des riffs impénétrables mais millimétrés, des hurlements bruts et terrifiants, ainsi qu’une noirceur inégalable. Le groupe propose également quelques parties plus lourdes, tout comme sur Eye, un titre à la fois dérangeant et entêtant. Les riffs sont construits avec des sonorités hypnotiques qui vont ralentir progressivement jusqu’à devenir massifs et s’éteindre, laissant la place à Offune, un nouveau mur de son extrêmement saturé qui ne nous laissera pas respirer avant Manor of Speaking, un autre titre aussi intrigant que sombre et malsain. La lenteur lancinante de l’introduction se pare d’explosions agressives, puis les riffs nous proposent un mélange accrocheur entre ces deux ambiances, alors que Bode frappe avec des sonorités tranchantes et glaciales qui s’ajoutent à ce chaos ambiant. L’album prend sur Drain, un titre qui semblait angoissant mais plus accessible avec l’introduction, puis qui se révèle finalement le plus écrasant de tous.

Hagbulbia propose une toute autre approche de la musique du groupe. Les cinq morceaux ne proposent que des hurlements, des voix fantomatiques et des bruits plus ou moins saturés. Stow, le premier morceau, fait souffler un vent de noirceur, sous lequel on distingue des frappes après un long moment d’oppression sonore, puis Of Straw and Cloth dévoile des influences presque entêtantes qui se noient dans cette saturation. Grail propose une ambiance légèrement plus apaisante, alors que Weptune nous plonge progressivement dans cette oppression jusqu’à nous y abandonner avant le début d’Hexodeus, une composition qui conserve cette saturation tout en y ajoutant des éléments terrifiants, mais parfois majestueux. 

Il est impossible que l’univers de Portal vous laisse de marbre. Soit vous allez adorer Avow, soit vous allez le détester, mais il vous marquera profondément. Et si vous l’aimez, Hagbulbia vous permettra de prolonger l’expérience avec une musique bruitiste sombre.

90/100

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