Interview : Groza

P.G., fondateur, vocaliste et guitariste du groupe de Black Metal Groza a répondu à quelques questions concernant la sortie de leur nouvel album The Redemptive End.

Chronique de The Redemptive End – bientôt disponible

English version?

Bonjour et tout d’abord merci de m’accorder de ton temps ! Pourrais-tu s’il te plaît nous présenter le groupe Groza sans utiliser l’étiquette “Black Metal” ?
P.G. (chant/guitare) : Merci de nous recevoir. C’est P.G. (chant, guitare et fondateur) qui parle. Groza est un groupe de Bavière, en Allemagne, créé en 2016. Nous jouons une musique dirigée par la rage, l’atmosphère et l’émotion.

D’où vient le nom Groza ? Qu’est ce qu’il signifie pour toi ?
P.G. : “Groza” est un terme pour plusieurs langues Slaves et il peut être traduit par tempête ou terreur, ça dépend du langage. Il décrit plutôt bien notre musique, ce qui donne un nom très approprié pour ce projet.

Je ne suis pas ici pour parler du passé, donc ce sera la seule question à ce sujet : il y a eu une énorme vague de personnes qui ont dit “ils ont copié MGLA” à cause de vos influences et votre style visuel. Comment avez-vous fait en sorte d’expliquer votre point de vue ?
P.G. : Pour la majorité, nous n’avons pas expliqué notre point de vue du tout au début. Ca m’est égal d’avoir été comparé à Mgla, car il est évidement que notre musique, et tout particulièrement le premier album, était hautement inspiré par eux. J’ai débuté Groza en 2016 en tant que projet solo hommage, en gros. Donc bien sûr nous avons été comparés. La seule chose qui m’a embêté c’est quand les gens ont pensé que nous étions juste intéressés par l’idée de sauter dans le train de la hype pour faire de l’argent sur cette nouvelle vague de groupes de Black Metal Mélodique qui ont tellement de succès en ce moment. Parce que ce n’est tout simplement pas le cas. La plupart des gens, ceux qui nous ont vu en live jusque là confirmeront que Groza c’est uniquement une histoire de passion pour la musique, et non une histoire de tendance ou même d’argent. The Redemptive End montre également ça.

Votre nouvel album The Redemptive End est sur le point de sortir, comment vous sentez-vous ?
P.G. : Je me sens très bien de pouvoir enfin sortir l’album après avoir dû le repousser plusieurs fois à cause de la pandémie. Nous avons hâte de déchaîner ce dans quoi nous avons mis tout notre cœur et notre âme durant les dernières années. J’ai également hâte que les gens découvrent de nouvelles facettes de notre son, et qu’ils voient un nouveau côté de notre nouvel album.

Quelle est l’histoire de cet album ? Comment s’est passé le processus de composition ?
P.G. : Le processus de travail était quasiment le même que pour le premier album. La plupart du temps, j’arrive avec les idées de base et les structures de morceaux, et j’en fais des démo brutes. Ensuite je les transmet au reste du groupe pour que tout le monde y contribue avec leur interprétation de la partie spécifique à leur instrument. C’est comme ça que ça marche, en gros. L’aspect enregistrement/production des choses s’est également déroulé de la même façon. Nous avons enregistré tous les instruments par nous-mêmes dans le studio de répétition ou à mon propre studio, et également mixé l’album par nous-même. Nous sommes très indépendants des circonstances extérieures de cette manière, donc la pandémie n’a pas interféré du tout dans le processus entier. La seule différence cette fois est que nous avons confié le mastering à un studio externe, Sick Of Sound, qui est un de nos amis de longue date.

La première composition, Sunken In Styx, est coupée en deux parties, Submersion et Descent. Que peux-tu me dire à propos de ce morceau ?
P.G. : Submersion présente l’atmosphère de l’album à l’auditeur. Il se construit plutôt lentement, de manière principalement instrumentale, puis le point culminant de cette violente éruption est le début de Descent. Le morceau était également notre titre d’entrée pour les lives depuis un moment maintenant, pour l’intro.

Sur cet album, le morceau le plus contrasté et imposant à mes yeux est Homewards, le titre final. Est-ce qu’il y a une histoire spéciale derrière ce morceau ?
P.G. : Homewards était le dernier morceau à avoir été écrit pour cet album. Il a une structure plutôt inhabituelle pour nous, vu qu’il n’a pas de parties répétitives et qu’il évolue de plus en plus loin tout au long de ses plus de dix minutes, ce qui est quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant. Il contient également une grande partie atmosphérique en son clair qui construit le grand final de l’album, ce qui est aussi assez nouveau pour nous. Également au niveau des paroles, c’est le titre sur lequel j’ai été le plus personnel. Mais c’est difficile à expliquer en quelques lignes ici, je préfère que le lecteur l’écoute et en fasse l’expérience, comme ça doit l’être.

Que peux-tu me dire concernant l’artwork et sa connexion avec la musique ?
P.G. : L’artwork de la pochette est basé sur une photo prise par un vieil ami à moi, Philipp Hartinger. Il capture la même atmosphère que celle créée par la musique sous une forme visuelle, ce qui m’a fait opter pour lui. Nous avons également notre ami Morgoth (chanteur d’Asphagor) qui a fait des illustrations pour cet album, qui peuvent être trouvées dans le livret ou l’intérieur du vinyle.

Juste après votre premier album, vous avez signé avec AOP Records, comment se passe la collaboration avec eux ?
P.G. : C’est parfait. Ils sont tout simplement autant passionnés par la musique que nous le sommes et ils ont toujours fait preuve d’un énorme soutien dans notre aventure jusqu’ici. Nous ne pouvions souhaiter de meilleure collaboration.

En 2020, le Covid a surpris le monde entier, comment avez-vous géré la situation en tant que groupe ? Est-ce que la pandémie du Covid a eu un quelconque effet sur l’album ?
P.G. : Non, ça n’a pas eu d’effet sur la création de l’album. Comme j’ai dis avant, je fais la majeure partie du travail de production par moi-même, sans aucune influence extérieure, donc nous n’avons pas eu d’interférence avec la folie qui prenait place. De plus, tout ce que nous avons fait était de nous concentrer encore plus sur la création de l’album, puisque tout le reste en dehors de ça était clôt de toute façon. Quand nous en sommes arrivés au moment de la sortie, ça a malheureusement eu un gros effet puisque la pandémie a causé de gros délais à l’usine de pressage de vinyles à cause du manque de ressources, etc…

Est-ce que vous avez déjà des plans pour l’avenir dont tu pourrais nous parler, même si le futur est plein de doutes ?
P.G. : Nous avons prévu de revenir sur les scènes du monde, en commençant le mois prochain avec des festivals open air en Allemagne et deux concerts pour fêter la sortie de l’album près de chez nous. Nous avons hâte de présenter les nouveaux titres tout comme une nouvelle production live à ceux qui veulent se joindre à nous. Nous allons également sortir notre premier clip vidéo pour Elegance Of Irony très bientôt, ce qui est un nouveau territoire pour nous également. Et comme toujours, nous travaillons déjà sur de nouvelles musiques pour le prochain album.

Quel a été ton premier pas dans l’univers du Metal ?
P.G. : J’ai grandi dedans en écoutant du Rock quand j’étais enfant, puis finalement je me suis mis au Grunge et de là je suis parti vers le Heavy Metal. Black Sabbath était probablement le plus grand groupe qui m’y ait convaincu. J’ai graduellement progressé dans des directions plus extrêmes depuis là.

Quel est selon toi le meilleur album de Black Metal de tous les temps ?
P.G. : Je ne pense pas qu’il y ait un “meilleur” de quoi que ce soit, quand on en arrive à ce genre de question. Je ne peux également pas te nommer un seul qui serait mon favori, puisque ça change tout le temps. Mais pour te donner quelques albums que je juge personnellement les plus influents, je peux nommer les classiques : Transilvanian Hunger, Panzer Division Marduk, Storm Of The Light’s Bane and Exercises in Futility, pour ne citer qu’eux. La liste est longue.

Te souviens-tu de la première fois où tu as essayé de jouer d’un instrument ? Quand et comment est-ce que ça s’est passé ?
P.G. : Oui, je m’en souviens. J’ai commencé avec la batterie, puis je me suis mis au piano, et enfin la guitare, il y a environ 18 ans maintenant. La première étincelle d’inspiration et de joie quand tu peux enfin jouer tes riffs favoris est quelque chose que je n’oublierai probablement jamais.

Même si quelques informations ont fuité avec le temps, pourquoi avoir choisi de rester anonymes et d’utiliser des cagoules sur scène ?
P.G. : Car nous ne sommes pas importants en tant qu’individus et personnes quand nous parlons d’art et de notre musique. Nous avons choisi de retirer cette attention de nous et de la guider vers notre musique à la place.

Quelle est ta meilleure et ta pire expérience en tant que musicien ?
P.G. : La encore, il y en a trop pour être listées, autant dans les bonnes que dans les “mauvaises”. Nous avons bien sûr joué un paquet de concerts pourris, tout particulièrement quand on grandissait encore. Comme tout le monde. Mais même ces concerts nous ont aidés à nous élever vers ce que nous sommes aujourd’hui en tant que musiciens. Tu apprends et tu grandis de ces expériences, donc je ne les appellerai pas de “mauvaises expériences”. D’un autre côté, nous avons eu l’opportunité de partager la scène avec tellement de groupes géniaux et certains de nos préférés. Donc ce sont de grands moments bien évidemment. Sortir cet album est aussi un grand moment pour nous.

Est-ce que tu as des passions en dehors de la musique ?
P.G. : Rien d’intéressant ou qui vaut la peine d’être mentionné ici. Groza est et reste le sujet principal, et ça ne laisse pas tant de temps ou d’énergie que ça pour quoi que ce soit d’autre, ce qui me convient parfaitement.

Est-ce que tu as déjà entendu parler de la scène Metal française ? Quels groupes français connais-tu ?
P.G. : Oui, j’en connais quelques-uns. Mes préférés seraient Gojira, Alcest et Amesoeurs. Nous adorerions venir en France pour jouer dans le futur.

Dernière question : avec quels groupes rêverais-tu de tourner ? Je te laisse créer une tournée avec Groza et trois autres groupes !
P.G. : Encore une fois c’est impossible de dire. Nous avons déjà tourné avec certains groupes incroyables, donc je vais choisir quelques-uns de mes préférés avec qui nous n’avons pas encore tourné. Pourquoi pas Marduk, Dark Funeral et Uada.

C’était ma dernière question ! Merci beaucoup de m’avoir accordé de ton temps, ainsi que pour ta musique, je te laisse les mots de la fin !
P.G. : Merci de m’avoir reçu, le plaisir est pour moi. Nous souhaitons le meilleur à nos fans français ainsi qu’aux lecteurs, n’oubliez pas d’écouter The Redemptive End, et on se voit plus tard, avec un peu de chance à un concert de Groza en France !

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