
Ce soir, Paris va vivre au son du Death Metal avec le retour de Putrid Pile !
Après une petite déconvenue au niveau de sa tournée prévue, le groupe américain a choisi de s’installer au Klub, en compagnie de Deflesher, Sacroment et Perpetrate. Autant vous dire que ça va défourailler dans les chaumières ! Pas de préventes, seuls ceux qui sont là seront là !
Ils avaient à peine terminé leurs balances lorsque nous avons pénétré dans la salle, et maintenant Perpetrate sont bien déterminés à nous donner une leçon de brutalité avec un mélange de Slam Death et Deathcore à deux voix. Dès le début, les deux vocalistes vont haranguer la foule pendant que les riffs frappent déjà, et nous demander “faites un p’tit circle pit”, qui à ma grande surprise, se lancera sans attendre malgré qu’il n’y ait encore que peu de monde. La foule grossit, l’enchaînement des morceaux est fluide, mais la scène est un peu étroite pour les musiciens, et nous verrons les deux chanteurs descendre tour à tour dans la fosse pour relancer la machine, lâchant occasionnellement quelques incitations au mosh comme ce magistral “niquez vos grandes races”. Une demie-heure de jeu, et les parisiens remballent sous les applaudissements.
On passe à Sacroment, duo maltais qui va lui avoir toute la place nécessaire pour lancer ses samples et lâcher ses riffs agressifs entre Brutal Death et passages Old School, mais la fosse reste pourtant de marbre. Heureusement, le vocaliste sait ce qu’il fait, et lâchera “You moshed for the first band, just get closer!”, descendant lui aussi dans la fosse pour motiver ses troupes pendant que les rythmiques violentes s’abattent sur nous. Si les deux hommes sont très impliqués, le show manquera un peu de dynamisme, et j’aurais apprécié voir un batteur ou un bassiste les accompagner déverser leur fureur, headbanguant à s’en rompre le cou en permanence, mais le son est bon, et la foule le remarquera en les rejoignant dans l’exercice. Leur set est court également, mais les musiciens ont le sourire aux lèvres, et le chanteur n’hésitera pas à tendre son micro au premier rang avant de finalement quitter la scène avec des acclamations.
Deuxième groupe parisien de la soirée, c’est avec Deflesher que nous allons passer ce troisième set, et les habitués remarqueront quelques changements au sein du groupe venu de Rambouillet, car c’est en trio qu’ils investissent leur espace de jeu. Si la foule est là encore assez timide, elle reste tout de même attentive aux riffs agressifs et groovy du combo, levant le poing et secouant le crâne, même quand les titres sont introduits de manière assez originale par le chanteur/guitariste, à l’image de “cette prochaine est dédiée à tous ceux qui s’mettent des trucs dans le pif” pour lancer leur titre Cocaine Rodeo. Bien qu’assez statique, les franciliens finiront par motiver le public, qui se réveillera soudainement vers la moitié du show, et confirmera que le son du soir est vraiment bon, entre les riffs accrocheurs, les vociférations puissantes et les leads tranchants, et c’est après sept titres, suivis d’un morceau bonus, que le show sera récompensé par des félicitations très bruyantes.
Il n’y a plus sur scène qu’un pied de micro et un ordinateur lorsque Shaun LaCanne, monsieur Putrid Pile, monte sur scène avec sa guitare, hurlant comme un beau diable lorsque les backtracks sont lancés. Et le ton est immédiatement donné : “If you guys want to mosh just feel free”. Il n’a pas fallu le dire deux fois pour que le public parisien se déchaîne pendant que l’homme lance inlassablement ses titres, headbanguant sur les parties instrumentales avant de revenir rugir au centre devant les excités que nous sommes, nous remerciant entre les morceaux sans même avoir besoin d’haranguer. Et si les présents savourent pleinement le moment, on remarque que l’américain est également très heureux d’être de retour, lâchant par exemple un “there is no problem when I’m here with my people”, ou nous demandant comment traduire “cheers”. Il invitera même son ami Paul McGuire (ex-Cerebral Bore) qui l’accompagne sur la tournée à venir prendre la guitare pour un morceau, se retrouvant à gérer uniquement le chant, et se permettant alors de gesticuler dans tous les sens pour donner vie à sa fureur musicale. Le son est massif à chaque instant, et la demande de circle pit sera récompensée, mais aussi qualifiée de “not too bad for 2026” qui nous fera tous rire un moment avant de repartir dans la rage la plus pure jusqu’à la fin de ce trop court set, applaudi par un Klub en nage mais heureux.
Je peux enfin le dire : j’ai vu Putrid Pile sur scène, et il n’a pas fallu longtemps à Shaun LaCanne pour nous prouver qu’il maîtrise parfaitement son Death Metal ! Merci également à Deflesher, Sacroment et Perpetrate qui l’ont précédé pour trois nuances de violence dont Le Klub se souviendra pendant longtemps !


























