
Les forces obscures ont été convoquées à Paris par les légendaires Mayhem !
En pleine présentation de leur nouvel album Liturgy of Death et accompagnés par les non moins illustres Marduk et Immolation pour une tournée nommée Death Over Europe, c’est à l’Elysée Montmartre qu’ils ont choisi de poser leurs amplis ténébreux grâce à notre Roi-Lézard préféré, Garmonbozia Inc. !
L’intégralité de la file d’attente n’est pas encore entrée lorsqu’Immolation monte sur scène avec un but assez simple : retourner la salle. Et comme à leur habitude, les new-yorkais sont sur le pied de guerre pour nous faire passer un excellent moment, chose que le public remarque immédiatement. Il n’y a pas vraiment de changement dans le jeu de scène, Ross Dolan (basse/chant) nous gratifie de ses meilleurs rugissements avant de fouetter l’air de sa très longue chevelure, Robert Vigna (guitare) donne des coups de manche que je n’aimerais pas recevoir dans le ventre, Alex Bouks (guitare) headbangue en jouant, et Steve Shalaty (batterie) reste imperturbable derrière ses fûts, les quatre gaillards délivrant une performance constante. Nous aurons tout de même droit à quelques interventions du frontman, telles que “thanks for being here so early!” ou “we have a new album coming in April” pour présenter Adversary, leur dernier single, mais au final, ce sont quarante minutes de riffs effrénés que le groupe nous aura envoyé en pleine face, et la fosse confirmera que venir en avance est très souvent une excellente idée, à en juger par les applaudissements qu’ils reçoivent à l’issue de leur show dévastateur !
Setlist: An Act of God – Swarm of Terror – Majesty and Decay – Rise the Heretics – Adversary – Dawn of Possession – Blooded – Higher Coward – The Age of No Light
A peine le temps de digérer la première vague que Marduk rentre déjà sur scène pour nous rouler dessus à son tour, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les suédois ne sont pas là pour enfiler des perles ! Dès Frontschwein, le premier titre, la salle se transforme en véritable zone de guerre sous les frappes de Bloodhammer (batterie), les hurlements de Mortuus (chant), et les riffs de Morgan (guitare) et Simon Wizén (basse) qui matraquent leurs instruments respectifs pour notre plus grand bonheur, pied sur le retour comme à leur habitude. Les stroboscopes s’affolent, les spectateurs se rentrent dedans comme si leur vie en dépendait, et le frontman nous toise, se reposant parfois sur son pied de micro pendant que ses camarades se déplacent comme ils peuvent sur le petit espace de jeu dont ils disposent. Avec Marduk, pas de compromis, pas de quartier et pas de prisonniers, toute la salle se prend les riffs en pleine face entre deux “I want to see you move, fucking Paris”, et lorsque The Black… fait légèrement ralentir la cadence, c’est un “Paris, are you with us?” qui ranime la flamme pour l’enchaînement Panzer Division Marduk/The Blond Beast qui vient achever une foule déjà conquise et pleine de sueur, mais heureuse d’avoir survécu à cet assaut ravageur, mais bien trop court.
Setlist: Frontschwein – Wolves – Throne of Rats – Shovel Beats Sceptre – Cloven Hoof – Sulphur Souls – On Darkened Wings – Infernal Eternal – The Black… – Panzer Division Marduk – The Blond Beast
La scène est bien vide à présent, seul l’impressionnante cage d’Hellhammer (batterie) subsistant avec à ses côtés deux escaliers, et lorsque les lumières s’éteignent, les musiciens s’avancent dans l’ombre. Pas de maquillage cette fois pour Teloch (guitare), qui apparaît aussi sobre que Ghul (guitare) et Necrobutcher (basse), mais bien entendu Attila Csihar (chant) est là pour faire le show et nous montrer la grandeur de Mayhem. Drapé de blanc, il se pose au dessus de son propre spot lumineux, vociférant ou souriant de toutes ses dents brillantes à une foule captivée par son aura pendant que ses camarades haranguent entre deux parties bien plus violentes. Mais ceux qui les ont déjà vus (et nous sommes nombreux dans ce cas) le savent bien, un concert de Mayhem, ça s’effectue par phases, et si le vocaliste abandonne sa grandiloquente tenue de cardinal satanique, c’est pour revenir avec une tenue plus dépouillée, béret vissé sur le crâne, pour jouer avec son crâne fétiche pendant qu’il chante, puis avec ses os, ou montant sur les marches aux côté de l’invisible Hellhammer. Les titres s’enchaînent, les musiciens disparaissant de temps à autres pour laisser les bandes-son nous captiver, puis c’est sans leur vocaliste mais avec les enregistrements du regretté Dead qu’ils attaquent l’emblématique Freezing Moon, cette chanson légendaire qui fera hérisser les poils de nombreux spectateurs. Mais peu importe à quel point le groupe se veut solennel par moments, le chanteur lâchant à peine un “thank you” ou un “merci France” entre les morceaux, les slammeurs n’hésiteront pas une seule seconde, et viendront perturber le show, tout comme les mosheurs un peu fous qui n’attendent que d’entendre un blast pour se lancer comme si la fosse leur appartenait. Quoi qu’il en soit, le groupe norvégien nous prouve une fois de plus à quel point il est grand, puissant, et surtout inarrêtable après tant d’années.
Setlist: Realm of Endless Misery – Buried by Time and Dust – Bad Blood – Life Is a Corpse You Drag – The Vortex Void of Inhumanity (sur bande) – Ancient Skin – Psywar – To Daimonion – View From Nihil – Whore – Freezing Moon (w/ Dead sur bande) – Chimera – Cursed in Eternity – Weep for Nothing – From the Dark Past
Rappel : Silvester Anfang (sur bande) – Deathcrush – Chainsaw Gutsfuck – Carnage – Pure Fucking Armageddon
Ils l’ont fait. Après avoir dignement célébré leurs quarante années de carrière, The True Mayhem a rempli l’Elysée Montmartre pour nous montrer toute sa puissance lors d’un show dantesque ! Et que dire de Marduk et Immolation, qui ont eux aussi assuré une performance incroyable dans leurs styles respectifs ! Les moments comme ce soir me confirment une chose : le Black et le Death ont de beaux jours devant eux ! Merci à Garmonbozia Inc. et Jillian d’Oktober Promotion pour l’accréditation photo.




















