Live Report : Hellfest Open Air Festival 2026 – Jour 2

J’ai plus vingt ans, je suis déjà à moitié HS, mais le deuxième jour du Hellfest Open Air Festival 2026 est sur le point de débuter !

Si la veille était principalement dédiée à des groupes que j’ai déjà vu de nombreuses fois, celle-ci sera également composée de quelques nouveautés, mais aussi de quelques infidélités à mes tentes préférées au profit d’incursions sur la Warzone !

Galerie à venir

On commence donc avec le Death Metal infusé au Flamenco d’Impureza qui semble attendu au vu de l’affluence de l’Altar, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe sera loin de décevoir ! Avec le charismatique Esteban Martin au chant et malgré un court instant de mix hasardeux rapidement rétabli, le groupe va tout faire pour transformer sa demie-heure en véritable célébration, chose largement réussie lorsque l’on voit les cornes se dresser à la demande. La danseuse Cecilia Cappozzo animera les passages acoustiques qui brisent le rythme de la violence, mais le groupe sait parfaitement gérer son rythme, alternant hurlements, chant clair et passages très techniques, et les acclamations seront de mise à l’issue de la performance.

Galerie à venir

On enchaîne avec Mourir et sa prestation que j’attendais, au vu de l’album tout juste écouté par mes soins qui a permis au groupe de rejoindre l’écurie de Pelagic Records. Mais alors que le son abrasif fait rage (l’archet sur la basse, quelle arme !), osant dissonance et passages presque étouffants, on remarque que le groupe n’y va pas de main morte pour imposer son originalité, passant de moments saisissants à… de l’expérimentation. Il y a peu de monde sous la tente, mais les hurlements d’Olivier Lolmède (guitare/chant) finiront par convaincre, passant du growl caverneux à parties DSBM transcendantes, mais là encore, l’homme n’hésite pas à proposer des touches déroutantes. Je ne sais pas si leur but était de déranger l’auditeur ou au contraire de le surprendre, mais dans les deux cas, le groupe l’a très bien fait avec ses titres en dents de scie…

Galerie à venir

On revient à quelque chose de plus traditionnel pour les jordano-américains d’Esodic qui débutent avec un “come on Hellfest!” énergique, et qui n’hésitent pas à transpirer tant ils headbanguent pour nous transmettre à la fois leur énergie et leur joie d’être présents ce matin. Entre Death et Thrash Metal, les quatre gaillards alignent des riffs efficaces, mais aussi quelques touches de complexité, notamment dans les leads, alors que les rythmiques nous déferlent dessus, provoquant des séances de remuage de nuque assez calmes, mais qui auront tendance à s’intensifier avec le temps. Entre deux titres, Kevin McComb (basse/chant) nous remercie, et la bande repart à bonne allure, signant ainsi la première bonne découverte de la journée pour ma part.

Galerie à venir

Deuxième découverte, celle de Killus, dont le nom est souvent revenu grâce à leur attachée de presse dans mes emails au vu de leur actualité récente, et qui vont proposer à la Temple un show Industrial de haute volée ! Visiblement actif depuis une vingtaine d’année, le quatuor espagnol a tout pour plaire au public, que ce soit les maquillages expressifs, la fougue permanente, le jeu de scène ultra communicatif, les grimaces terrifiantes, mais surtout ce son accrocheur et même parfois dansant ! Si c’est surtout Javi Ssagittar (chant) qui attire les regards, Ruk (guitare) et Premutoxx (basse) ne sont pas en reste, l’un courant comme si sa vie en dépendait et l’autre sautant à presque chaque morceau, et il ne faudra pas longtemps aux nombreux “ladies and gentlemen, it’s time to unleash!” pour lancer les premiers vrais mouvements de foule, comme le circle-pit observable à seulement la moitié du show ! Pas de doute, le groupe va grandement faire parler de lui à l’avenir !

Galerie à venir

L’Altar subira un peu de retard pour ce show, mais les musiciennes de Crypta sautent finalement sur les planches pour nous proposer une autre dose de Death Metal aux accents Thrash, mais également les larges sourires de la meneuse Fernanda Lira (basse/chant), très expressive lors de ses parties vocales. Je n’avais étrangement encore jamais vu les brésiliennes à l’oeuvre, mais le son est très plaisant, et on constate que la nouvelle guitariste Victoria Villarreal est parfaitement intégrée comme si elle avait toujours été là, ce qui en résulte une véritable unité entre les quatre femmes qui haranguent ensemble. Malgré l’absence de communication entre les titres (probablement pour grappiller les quelques minutes perdues à cause de la technique), le show est fédérateur, et les poings se dressent très naturellement.

Galerie à venir

Retour à la noirceur pour Ponte Del Diavolo que j’avais déjà vu il y a quelques mois, et qui investit la Temple avec son Doom aux accents Black aussi surprenant que fascinant, et ce n’est pas la très calme mais sensationnelle frontwoman Erba del Diavolo (chant) qui me fera mentir ! Les musiciens ont bien plus de place qu’à Paris, proposant une formation moins étouffante au visuel, mais leur musique parle pour eux, et chaque note nous cloue au sol pendant que la vocaliste nous conte ses histoires macabres, et quiconque se trouve devant le concert s’en trouve fasciné. Là non plus, pas de mots ou presque entre les titres, mais le show aux deux basses et un tromboniste surprise est planant, et la plupart des spectateurs est en transe tant le son du groupe est prenant, ce qui en fait pour sûr l’un des moments forts des amateurs de ténèbres !

Galerie à venir

La violence n’attend pas lorsque les biens nommés “Blood Red Throne from motherfucking Norway” – selon leur vocaliste Sindre Wathne Johnsen – entrent sur scène, commençant sans attendre à nous balancer leurs riffs dévastateurs avec la même efficacité qu’ils l’ont fait à Paris quelques mois plus tôt. Les musiciens ont bien plus de place sous la tente, et on le voit aux larges mouvements d’Ivan « Meathook » Guji? (guitare) qui n’hésite pas à grimacer à la foule devant lui tout en jouant pendant que ses camarades se brisent tout autant la nuque que les premiers rangs, et le show prend immédiatement des allures de charnier sauce Death Metal. Pas de quartiers, pas de prisonniers, le quintet enchaîne ses titres, plaçant tout de même quelques remerciements et surtout des “we want to see some movement in the pit” qui laisseront le public se déchaîner sur les parties les plus grasses pendant que les riffs cinglants déferlent. Moi, j’en veux encore !

Galerie à venir

Premier passage par la Warzone, terre lointaine éclairée par “le gros truc jaune très chaud” mais que je ne pouvais rater, car les fleurs de Point Mort nous attendent déjà, tout comme les cinq musiciens. La folie furieuse du dernier album prend vie sur scène, et s’il m’avait déjà mis une bonne claque à l’écoute, l’entendre en live est une expérience encore différente, bien plus organique, et servie par des musiciens qui se laissent guider par leurs riffs, tantôt très calmes et à la limite de l’apathie sur les touches mélodieuses, tantôt survoltés lors des passages saccadés à l’extrême sur lesquels Sam (chant) hurle de toutes ses forces. Si le public semble médusé lors du premier titre, il ne lui faudra que quelques notes de plus pour se jeter à corps perdu dans la tornade et rejoindre le groupe dans sa performance, à peine entrecoupées de quelques secondes entre chaque morceau, pour un show surpuissant, complété par quelques slammeurs et un passage de la vocaliste dans le pit photo, puis dans la fosse totalement déchaînée.

Galerie à venir

Retour à l’ombre pour mon deuxième show de Sinsaenum, le premier datant de 2017, et je constate que le line-up a été largement remanié ! Mis à part André Joyzi (batterie) dont la place avait été annoncée, le groupe n’a conservé qu’Heimoth (basse) et Frédéric Leclercq (guitare), accompagnés par Pierre-Emmanuel Pélisson à la guitare et un dénommé Lee Margaillan, totalement inconnu (merci Instagram de ton aide) au chant… Une fois la surprise passée, le groupe envoie comme jamais ! Les membres sont tous ultra-mobiles, le vocaliste harangue une fosse réactive à coups de “open it up, open the pit” et toute autre demande, soutenu par Fred qui l’aide au chant, mais le soutient également en français… et ça marche ! La fosse est rapidement sans dessus-dessous alors que le groupe nous propose ses nouvelles compositions tout comme ses anciennes, avec même une petite larme lors de Last Goodbye, que l’on sait évidemment dédiée à leur compère décédé Joey Jordison. Pour moi, c’est validé !

Galerie à venir

Il y avait trop longtemps que je ratais MØL, et j’attendais le Blackgaze des danois de pied ferme sous la Temple, qui commence à se remplir à la fois de gens comme moi, mais aussi de ceux qui ne savent pas vraiment où aller, et se contentent de profiter de l’ombre. C’est donc devant ce parterre un peu disparate que le groupe monte sur scène, nous déversant sans sommation ses riffs brumeux qui m’ont immédiatement transporté dans un univers parallèle, celui où je fais physiquement mes photos tout en flottant mentalement. Leur dernier disque Dreamcrush était une réussite, et ce show l’est tout autant, que ce soit par l’instrumentale aussi ténébreuse et virulente qu’apaisante des musiciens ultra-vifs, que grâce aux alternances vocales de Kim Song Sternkopf, vocaliste aux différentes facettes toutes aussi bien gérées les unes que les autres qui n’hésite pas à jouer avec son pied de micro sur les retours. Je ne pourrais que vous encourager une fois de plus à vous laisser porter par leur son, mais également à vous ruer sur leurs prochaines tournées !

Galerie à venir

Retour à la violence brute avec une valeur sûre, ce mélange Death/Thrash Mélodique infusé au Metalcore de Sylosis qui entre en scène et entreprend de nous matraquer tout en nous incitant à mosher, chose qui sera bien entendu faite par les plus motivés. Tout comme le groupe précédent, je ratais le groupe depuis un bon moment dans la capitale malgré deux passages récents suite départ de Josh Middleton (guitare/chant) de son autre projet, et c’est un vrai plaisir que de voir l’Altar se faire rouler dessus par les riffs des trois dernières productions, The New Flesh en tête suivie de près par A Sign of Things to Come. Les musiciens sont énergiques à souhaits, les harmoniques nous transpercent telles des flèches acérées, et bien que l’on aurait apprécié un peu d’anciens titres, la setlist est très habilement gérée, et surtout taillée pour ne nous laisser de répit que les rares interventions du groupe ! A revoir en salle pour un show plus long ? Assurément.

Galerie à venir

Absents eux aussi de notre beau pays depuis bien trop longtemps à mon goût, Carach Angren revient hanter la Temple sept ans après son dernier passage, et le groupe faisait partie de mes incontournables de cette année, et il ne m’a absolument pas déçu ! Le théâtre des fantômes ouvert, Seregor (chant) assure une présence visuelle et vocale démentielles (bien qu’il aura fallu un titre pour nous permettre d’en profiter pleinement), usant de sa faux-pied de micro pour renforcer son assurance et ses mouvements saccadés pendant qu’Ardek (claviers/keytar) et The Butcher (guitare) maltraitent leurs instruments de chaque côté de la scène. La setlist est parfaitement gérée, le groupe puisant dans (presque) toute sa discographie pour nous présenter son excellent dernier EP The Cult of Kariba sorti l’an dernier et qui confirmait son retour, mais on note aussi de petites pépites essentielles à leurs concerts, comme la dévastatrice Bitte tötet mich que je me suis autorisé à hurler en dépit des tympans de mes voisins, ou encore Bloodstains on the Captain’s Log qui donne toujours aussi froid dans le dos. Point faible ? Trop forts. Et trop court, mais vous commencez à me connaître.

Galerie à venir

On repasse à l’Altar pour le visiblement très attendu concert de Decapitated en terres clissonnaises vu le monde qu’il y a en cette fin d’après-midi sous la tente, et les polonais (enfin les polonais et le finlandais) sont visiblement ravis de cette affluence au vu des larges sourires qui se dessinent lors de leur entrée en scène. Comme à leur habitude, le show est rodé, et malgré le “peu” d’expérience dont dispose le nouveau frontman Eemeli Bodde en leur compagnie (seulement présent depuis deux ans, pour ceux qui n’ont pas suivi), il ne cesse d’haranguer un public totalement conquis à coups de “Hellfest, are you there?” qui feront sensation. Côté setlist, elle n’a pas vraiment changé depuis la sortie de Cancer Culture il y a quatre ans, et c’est donc fort de ce plus-si-nouvel album que le groupe reste sur un enchaînement massif de titres de ce dernier, alternant tout de même avec quelques classiques comme l’iconique Spheres of Madness. A quand un nouvel opus, pour renouveler l’assaut, pourtant très réussi ?

Galerie à venir

Retour en Warzone où Malevolence s’apprête à faire ce que l’on appelle en termes savants par chez moi “la grosse bagarre”. Je connais le groupe depuis un petit moment et son dernier album m’avait mis une belle claque, mais je n’avais encore jamais vu les anglais à l’oeuvre, et le pit a connu l’un des départs les plus rapides qu’il m’ait été donné d’observer ! Le son est excellent, les moshparts s’enchaînent, et on reconnaît tout de suite les racines Hardcore de la formation, mais surtout de son frontman Alex Taylor qui enchaîne les “get the fuck up”, “jump” et autres “push this shit back” avant de hurler en compagnie des guitaristes pour inciter au mosh. Mais pourquoi insister, le public le fera tout seul ! Mais malgré la violence, le groupe prendra toujours un moment pour remercier son public, comme avec ce long “this is incredible, we wanted to play this festival for so fucking long!” qui leur vaudra des acclamations avant de repartir à toute allure, continuant à aligner ses riffs pour notre plus grand plaisir alors que le soleil décroît doucement.

En revenant vers mes terres connues, je m’arrête quelques titres devant Iron Maiden qui sont en train de montrer à quel point ils sont toujours au top niveau en donnant un show dantesque sur la Mainstage 1, émerveillant fans de la première heure et nouveaux venus avec leur justesse impériale, mais aussi leur scénographie travaillée ! Je n’ai pas eu la chance de faire partie des heureux élus qui ont pu les photographier, mais je peux vous assurer que les costumes de Bruce Dickinson (chant), les interventions d’Eddie (la mascotte) et le décor étaient incroyables. Et que dire du son… Malgré la chaleur, le vent, les aléas de l’open air, chaque note était pile à sa place sur les titres mythiques du groupe anglais ! Si vous n’avez jamais vu le combo à l’œuvre… qu’attendez-vous ? 

Galerie à venir

La nuit tombe sur Clisson, et My Dying Bride s’apprête à tous nous hypnotiser en nous berçant dans sa mélancolie. Tous ? Non, car une petite tribu d’irréductibles dont je fais partie vont y trouver quelque chose à redire ! Tout d’abord, il faut savoir que j’aime ce groupe depuis au moins quinze ans, et que leur annulation d’il y a quatre années m’avait vraiment attristé, et que j’adore également depuis plus ou moins le même nombre d’années Swallow the Sun, que j’ai déjà vu quatre fois. Ensuite, il est possible que l’absence manifeste de lumières, le sous-mixage des instruments (prêtés par d’autres musiciens, chose que j’apprendrai après le festival), puis de la voix, y soit pour quelque chose, alors que je reconnais et me laisse enivrer par les touches si reconnaissables de Lena Abé (basse), du violon de Shaun MacGowan, ainsi que de leurs camarades. Mais même si j’aime sincèrement la voix de Mikko Kotamäki, et que la froideur scénique du finlandais sert parfaitement le style Gothique majestueux des anglais… j’ai l’impression d’assister à un mélange certes très bien fait des deux groupes. Je reste sur ma faim, même lorsque The Cry of Mankind résonne sous la tente, c’est dire… Il va falloir s’y habituer, mais My Dying Bride n’est plus le même groupe en 2026.

Galerie à venir

Dernier passage sous tente pour Blood Incantation qui vient nous jouer son très dense et très complexe dernier album Absolute Elsewhere (ainsi que d’autres joyeusetés) pour refermer l’Altar en beauté, et la première chose que l’on remarque, ce sont les deux obélisques placés de chaque côté de la scène. Ensuite, c’est à quel point le trio d’Ironbirds (c’est le nom du modèle de leurs instruments, de marque B.C. Rich) peut passer de riffs ultra-violents façon Brutal Death dissonant à une touche claire, aérienne et enivrante tout en restant ultra-cohérent avec cet univers cosmique étrange, angoissant, et presque même mystique par moments. Je remarque également la présence d’un claviériste qui participe aux passages aériens que le public suit avec admiration, liant la disparité des deux univers avec brio alors que les musiciens s’en donnent à coeur joie, le tout sous des lumières parfois un peu aléatoires.

Galerie à venir

Je ne pouvais pas manquer un dernier passage en Warzone, cette fois de nuit, pour la reformation de The Dillinger Escape Plan et sa folie qui, malgré un petit retard au commencement, va à nouveau marquer les esprits et les corps tant par sa musique cataclysmique que par son jeu de scène totalement aléatoire. J’avais totalement lâché le groupe à sa séparation, mais voilà que les américains me frappent de plein fouet avec leur Mathcore aussi technique et chaotique que millimétré, et n’en déplaise aux sceptiques : ça marche du tonnerre. Si chaque musicien a son jeu de scène (on notera les headbangs vertigineux de Liam Wilson à la basse, la course des guitaristes qui n’hésitent pas à se ruer sur les côtés…), le vocaliste Dimitri Minakakis n’est pas en reste, et ses hurlements sont encore plus stridents que dans mes souvenirs. Même s’il nous décrira comme “the best fucking festival”, il va ensuite reprendre ses vociférations avec la justesse du chaos. Certains n’ont toujours rien compris à ce qui s’est passé près d’une semaine après.

Le deuxième jour se termine, et même si la chaleur a été légèrement plus clémente, la fatigue est déjà bien présente à mi-festival. Dix-huit formations vues, dix-huit univers singuliers, mais vous l’aurez compris, Impureza, Killus, Blood Red Throne, Point Mort, MØL et Carach Angren ont remporté la palme ce jour-ci ! La navette nous ramène, et le sommeil m’absorbe en un rien de temps une fois mon lit regagné.

Laisser un commentaire