2026-05-23 – Lions Metal Fest – Jour 1

Comme l’an dernier, me voici bien loin de mes contrées franciliennes pour un évenement que j’avais adoré : le Lions Metal Fest.

En 2026, Mick Cesare (chanteur de Destinity, pour ceux qui l’ont oublié depuis l’an dernier) m’a renouvelé sa confiance, et c’est avec un plaisir non dissimulé que je reviens au Trait d’Union, salle communale de Montagny, pour les deux jours de cette édition qui s’annonce déjà dantesque ! La première journée vient tout juste de débuter, et les premiers irréductibles sont déjà présents.

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L’entrée est donc marquée par Shrimpaler, groupe local visiblement assez réputé au vu des cris du premier rang, et qui va nous servir une petite dose de Thrash/Crossover en guise de brunch. Ça joue vite, les lumières peinent à nous montrer autre chose que les silhouettes des quatre lyonnais, mais le son est plutôt bon, et même si d’ordinaire, le style est très loin de les goûts, l’énergie est communicative. On sent cependant que le groupe est jeune, et même si les cris d’Émile (basse/chant), aidé par Alix (guitare/chant) rencontrent du succès, on notera assez peu de communication entre les titres, bien que le batteur tentera un trait d’humour avec “J’vous entends pas Perpignan”.

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Il y a déjà un peu plus de monde lorsqu’Hellixxir débute son set sous une chaleur déjà pesante, mais le Death Mélodique teinté de Thrash des locaux est efficace, et les nuques se délient facilement. Là encore, le set est court, et le groupe va à l’essentiel en enchaînant des riffs incisifs Alors que les guitaristes se partagent les leads lors des morceaux, se posant au centre ou devant leurs pédales alors qu’Alexandre (chant) arpente la scène, motivant une fosse qui ne cesse de se remplir. Le son est bon, les compositions piochent dans les bonnes racines pour faire mouche dans nos esgourdes, et leurs trente minutes vont passer comme une lettre à la poste !

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Vient ensuite le moment pour Aesmah de nous proposer son mélange hybride entre du Death Mélodique et des passages Post-Metal plus aérés, mais le groupe sera le premier à avoir quelques soucis de mix notamment du côté du chant clair. Le problème sera très vite corrigé, et nous pourrons profiter de l’alternance vocale offerte par Liza, pendant que ses camarades nous détaillent une rythmique tantôt massive tantôt plus douce, et le public se prend au jeu, savourant harmoniques et passages plus énergiques. La vocaliste nous confiera que le groupe a bouclé l’enregistrement de son album, et que bien qu’il ne sortira que prochainement, ils nous en joueront quelques extraits, notamment l’incroyable dernier morceau où je jurerai entendre Dark Tranquillity, influence majeure de la formation confirmée par les musiciens lorsque j’irai les remercier après leur show. 

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On enchaîne avec Warside, groupe qu’il me tardait de voir suite à leur dernière sortie impressionnante, et qui ne va pas mettre longtemps avant de lâcher toute sa puissance avec des titres massifs. Mathieu (chant) ne cessera d’haranguer une foule très réceptive, hurlante “circle pit” ou “séparez-moi cette fosse en deux” en plein titre, et les moshparts du groupe feront naturellement le travail, laissant le public effectuer les premiers vrais mouvements de la journée. Le vocaliste accueillera même son ami Diego pour un titre, et comme si leurs propres compositions ne suffisaient pas, les lyonnais nous offriront même une reprise de Vomitory, que j’ai vu il y a quelques semaines, et dont la puissance est parfaitement conservée. Malheureusement, leur temps de jeu est court, et c’est après un “prenez soin de vous nous on va prendre le goûter “ que le groupe va nous laisser sous les acclamations.

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Première formation étrangère de la journée, c’est avec Darkfall que le festival continue, et c’est pour moi un véritable bonheur que d’enfin voir ce groupe sur nos terres, plaisir visiblement partagé par le vocaliste Thomas Spiwak qui nous le mentionnera également entre deux morceaux. Le show a débuté légèrement en avance, et les autrichiens sont très motivés, levant le poing entre deux riffs vindicatif pendant que nous leur répondons avec les nôtres, toujours prêts à remuer le crâne sous leurs assauts répétés. On notera tout de même des lumières assez aveuglante couplées de quelques jets de fumée, mais rien n’empêche le groupe de nous rouler allègrement dessus avec ses morceaux énergiques et doublés des rugissement du vocaliste épaulé par son bassiste, et le show est un véritable succès à tous points de vue.

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Retour à notre terroir musical avec les bordelais d’Exocrine, que je n’ai pas vu depuis quelques années déjà, mais qui envoie du bois comme dans mes souvenirs avec ses riffs complexes à souhaits. Le groupe avait été absent de la région depuis un moment, et leur retour fait plaisir à son public, qui ne va même pas attendre les ordres du vocaliste pour se rentrer gaiement dedans, ce qui lui vaudra un beau « Vous avez la foi de bouger avec la chaleur !”. Car en effet, si quelque chose peut bien rivaliser avec la puissance et la technicité du quatuor, c’est bien l’étouffante chaleur dans la salle, et nous la subissons autant que nous apprécions la rage des compositions ultra léchée, que ce soit côté rythmique, vociférations ou harmoniques tranchantes. Pour ce premier concert en compagnie de leur nouvelle recrue, le batteur, c’est une belle réussite !

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Autre groupe qu’il me tardait de voir, c’est au tour des danois de Maceration de monter sur scène, et il ne faudra pas longtemps au quintet mené par le vocaliste Jan Bergmann Jepsen me convaincre que l’attente en valait la chandelle ! Dans la tradition du Death Old School abrasif, il y a la sainte HM-2, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe en abuse à bon escient, une fois la tronçonneuse démarrée, plus rien ne l’arrête ! Entre deux titres, le chanteur ne manquera pas de rappeler qu’ils jouent du Death Metal, nous précisant même “We are recording a new album, it’s gonna be Death Metal”, juste pour être sûr que nous aimons le Death Metal. Et dès que le show reprend, c’est le Death Metal qui transpire des amplis, crachant le son crasseux mais virulent pendant les quarante minutes d’un show maîtrisé de bout en bout qui sera sans aucun doute l’un des meilleurs de la journée à mes oreilles. 

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La soirée se poursuit en compagnie de Nightrage qui propose une version bien plus mélodieuse du Death Metal, mais qui sera toute aussi efficace ! Les ayant déjà vus l’année précédente, je savais à quoi m’attendre, mais je suis toujours aussi galvanisé par ce son si agressif et entêtant à la fois, que ce soit lors des patterns saccadés qui font headbanguer la foule ou des leads perçants de Marios Iliopoulos (guitare), qui n’hésite pas à répondre à Konstantinos Togas, l’aidant au chant clair alors que ce dernier s’occupe de rugir pour renforcer le côté bestial des morceaux. Peu de surprises sur ce show maîtrisé du début à la fin, mais le vocaliste ironisera un peu avec in “Last year we were in Lyon, you were louder” qui fera redoubler la foule d’efforts, et le groupe saluera un de leurs fans mexicain venu spécialement pour l’occasion. On en aurait même repris un peu sans aucun souci !

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Changement d’atmosphère avec le Black/Death pesant et malsain de Hate, formation polonaise un peu trop sous-estimée à mon humble avis, et qui fera malheureusement prendre un peu de retard au planning. Mais fort heureusement, une fois que les samples mystiques cessent, le rituel débute et fait rage dans la salle, transformant le calme en véritable cérémonie impie orchestrée par Perun V. qui lâche un court “France, let’s fucking go” pour motivée une assemblée totalement acquise à sa cause, et qui se brise déjà la nuque sur ses riffs furieux. Si le son est impeccable de bout en bout, rendant hommage à la noirceur du quatuor, le point faible viendra du visuel, les lumières sont si épaisses que l’on peine and à distinguer les visages volontairement blafards et menaçant des musicien, et ce sont des silhouettes que l’on distingue à peine dans tout ce chaos, alors que la scène était même décorée de crânes. La prestation reste extrêmement solide, et le groupe n’a pas volé les acclamations qui lui ont été réservées.

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Pour beaucoup, c’est le grand moment de la soirée, et Equilibrium nous a beaucoup parlé de ce concert, censé célébrer les 25 ans de carrière du groupe, chose que Fabi (chant) nous rappellera pendant le concert après avoir lâché “It’s amazing to be back in your beautiful country, France!” après un premier titre accrocheur qui leur a permis de captiver l’assemblée d’emblée. Mais personnellement, je reste beaucoup moins amateur de la nouvelle direction musicale des allemands, et malgré le mélange d’époques, on sent que les derniers changements de line-up ont profondément affecté le jeu de scène du groupe, qui passe donc de Pagan brutal à éléments bien plus modernes. L’heure de jeu est bien rythmée, et on notera même quelques slammeurs qui tenteront de rejoindre le quartet qui harangue en permanence et pose sans mal sur les retours, mais je dois avouer que ce n’est pas cette performance qui brillera particulièrement à mes oreilles. La fosse, elle, semble avoir adoré ce show remuant.

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Dernier groupe de la soirée, ce sont les vétérans de Massacra Legacy menés par le batteur Chris Palengat et le vocaliste Moreno Grosso, deux pointures bien connus de la scène Death/Thrash française, et qui vont ce soir nous proposer un best-of de la période la plus agressive de Massacra. Leurs balances sont rapides, les gaillards ont hâte d’en découdre, et ils ne vont pas se priver pour faire du dernier concert de la journée un moment de pure violence sonore, et le public l’a bien compris, commençant à s’agiter dès les premières notes et slammant dès le deuxième morceau. Entre les titres, on sent que la complicité règne au sein de la formation très communicative qui nous étale les meilleurs titres de célèbre “Trilogie Massacra”, faisant découvrir aux plus jeunes comment la scène bougeait à l’époque et rappelant des souvenirs à ceux qui étaient déjà là il y a trente ans et plus. Un show sans fioritures à la hauteur de la réputation du groupe !

La première journée du Lions Metal Fest 2026 est déjà terminée, et le poids des années se fait sentir sur mes jambes, mais diantre que j’ai eu raison de revenir cette année ! Il n’y a eu aucun mauvais groupe aujourd’hui, et toutes les performances ont fait des émules auprès du public, qui aura presque rempli le Trait d’Union ! Difficile de dire laquelle fut la meilleure de manière totalement objective, mais vous aurez compris que Maceration, Warside, Darkfall et Nightrage ont tenu leurs promesses, mais aussi qu’Aesmah est pour moi une excellente découverte !

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